Dans le cadre de la série Compositions, l’équipe créative de Phi a orchestré et capturé une croisée de mondes inédite entre l’univers artsy de l’artiste française Yelle et la rayonnante collection estivale d’une équipe de designers étudiants. Cette rencontre originale est immortalisée dans une séance photo qui expose les différentes formes de l’affirmation créatrice.

Il n’existe pas de manière plus forte de s’approprier pleinement son individualité qu’en donnant vie à ses idées. C’est notamment grâce à une signature stylistique très colorée qui lui est propre que Yelle a pu s’affranchir sur le plan artistique et se tailler une place de choix parmi les figures emblématiques de l’électropop à l’échelle internationale. Et c’est sans parler de cette touche féministe frontale et assumée qui teinte avec unicité l’entièreté de son œuvre depuis maintenant près de quinze ans.

Cette démarche d’émancipation personnelle par la création, l’artiste a également pu la retrouver dans la collection Summer Cannibals, une série de vêtements imaginés et dessinés par les finissant(e)s en design de mode du Collège LaSalle; celle-ci met habilement en relief cette dualité entre de sobres bases et des touches résolument plus flamboyantes. Un contraste qui colle à la peau de la chanteuse comme le rythme lui coule dans les veines.

«Je suis quelqu’un d’assez timide dans la vie de tous les jours. En même temps, il y a une partie un peu enfouie en moi qui s’exprime justement sur scène et à travers la musique. C’est un peu comme Dr. Jekyll et Mr. Hyde. Et ça m’a tapé dans l’œil quand j’ai vu le lookbook; c’est vraiment un vêtement qui me représente.»

Portant comme ligne directrice une rencontre imaginée entre l’icône new-yorkaise Patti Smith et un entomologiste dans un stationnement souterrain, cette collection se veut un croisement entre le style classique, c’est-à-dire la chemise et le pantalon de tailleur, et des prints estivaux présentant certains insectes et d’éclatantes teintes de vert.

«Ça a l’air classique, voire assez simple avec des couleurs très épurées, mais en fait, ce sont des pièces asymétriques avec des formes extravagantes à l’extérieur. Puis à l’intérieur, on y retrouve encore quelque chose. Ce sont des vêtements qui racontent plusieurs trucs et qui peuvent également être évolutifs. Et ça me plait vraiment. Comme je peux le faire au niveau de ma propre démarche, c’est de vraiment laisser insinuer des idées et de laisser glisser des choses.»

J’aime bien faire les choses en double sens, ou disons, un peu plus en subtilité.

Une démarche évolutive qui ne laisse pas de place à l’indifférence

Fidèles à la volonté de tout artiste d’évoluer, les portraits marquent le temps et encapsulent cette idée de transition personnelle. D’une certaine manière, c’est un peu une image qui marque l’évolution de son message féministe, d’abord littéral et très in-your-face, qui se présente différemment aujourd’hui.

«Avec l’expérience, la manière de manifester mon féminisme va peut-être passer davantage par la direction artistique ou la façon de se mettre en avant-plan. J’aime bien faire les choses en double sens, ou disons, un peu plus en subtilité.»

L’aboutissement de ces nouvelles idées prendra forme lorsque Yelle et son compagnon Jean-François, alias Grand Marnier qui produit les beats, pourront enfin se poser au terme de la tournée Yelle Club Party qui aura été entamée il y a près de deux ans. Après avoir fait paraître plusieurs singles détonants ici et là sur le Web, pour le côté expérimental et ludique de la chose, ils se préparent à se concentrer sur un quatrième album.

«Tout ce processus à travers lequel on faisait ce qu’on voulait m’a fait comprendre que de faire les choses différemment, c’est aussi intéressant et ça nous emmène ailleurs. J’ai peut-être envie de me permettre de faire des morceaux qui prennent leur temps et qui peuvent s’exprimer sur la longueur. C’est possiblement juste un truc de maturité de se dire que, maintenant, je m’en fous si ça ne plaît pas aux gens. Je n’ai pas envie de rentrer dans un moule,» explique-t-elle.

Bien que le duo n’en soit actuellement qu’aux prémices de ce prochain album, il est fort à parier que le prochain stade de l’évolution de Yelle en sera un où la finesse de l’affirmation artistique n’aura d’égale que la teneur de l’expérience assumée. La suite des choses se dessine au jour le jour.

«Ça peut mettre du temps, mais il faut laisser les morceaux venir naturellement. L’idée, c’est de garder une certaine individualité pour pouvoir faire ce que je veux, comme je le veux.»

Par Alexandre Demers

Direction créative et photo:
George Fok

Assistance à la photographie:
Seven Yuan

Stylisme:
Diplômées en design de mode du Collège Lasalle
Charlotte Deneux
Roxanne Ouellet-Bernier
Josyane Lagacé
Florence Lachapelle
Krystel Roy
Branagan Auld
Florence Tremblay

Remerciements spéciaux:
Milan Tanedjikov @lignes_de_fuite
Estelle Gervais @thefineprintmagazine

Coiffure et maquillage:
Alpher Sisters - Alana and Maddie Alpher
TEAMM Agency

À propos du Centre Phi
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