Dans les années 80, la relocalisation du cimetière d’Amos provoque une série d’événements mystérieux parmi la population. Voici la prémisse intrigante du court métrage Amos Beauty, le faux documentaire qui a tout raflé lors du Festival du DocuMenteur de l'Abitibi-Témiscamingue le printemps dernier. L’équipe des Frères Lazer a ainsi mis la main sur le Prix du public TVC9, le Prix du jury La Fabrique culturelle ainsi que le prix Création numérique UQAT.

Les jeunes réalisateurs Alexis Chartrand et Patrick Francke-Sirois nous parlent de la genèse de leur court métrage comico-paranormal, qui figure dans la programmation de juillet de Talent tout court.

Comment vous êtes-vous rencontrés?
Alexis Chartrand: Il y a deux ans, je réalisais le documentaire Louis-José Houde: Petit précis du comique, qui présente notamment les préparatifs et le processus de création de l’humoriste en vue de son animation du Gala de l’ADISQ. J’ai suivi Louis-José pendant deux mois pour la réalisation de ce documentaire et je cherchais quelqu’un qui pourrait me donner un coup de main. J’avais croisé Patrick quelques fois et on a décidé de travailler ensemble sur ce projet. On a eu un genre de coup de foudre professionnel et on a voulu pousser notre collaboration plus loin.

Patrick Francke-Sirois: En juillet 2015, on a fondé notre compagnie de production avec un troisième partenaire, Thierry Sirois. On trippe fort sur les courts métrages et les documentaires et c'était le prétexte idéal pour faire équipe et conjuguer nos différents talents.

Vous avez participé au concours de courts métrages du Festival du DocuMenteur de l'Abitibi-Témiscamingue, qui soulignait cette année sa 18e édition avec le thème de l’horreur. Comment s’est déroulée l’expérience?
AC: C’était un défi intense! On avait 72 heures pour scénariser, tourner et monter un court métrage. Le film a donc été fait très rapidement et chacun de nous a contribué à toutes les étapes. Quand un de nous allait dormir pendant une heure ou deux, les autres poursuivaient le travail. On a vraiment accouché de Amos Beauty à trois, c’est pour cette raison qu’on s’est présentés comme un collectif: Les Frères Lazer.

PFS: Quand on a fait la route Montréal-Abitibi, on savait qu’on devait se rendre à Amos, mais c’était tout. On n’avait encore aucune idée de notre scénario! On se creusait la tête, on était découragés, on ne savait pas trop par où commencer… Par chance, on connaissait quelques personnes là-bas. On est allés prendre une bière avec un vieil homme de Rouyn qui nous a parlé du déménagement du cimetière d’Amos il y a 30 ans. On a eu un flash! Notre scénario s’est écrit sur le coin de la table.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué lors de ce tournage?
PFS: La participation des gens était incroyable. Sur les sept acteurs du documentaire, un seul était un acteur professionnel. On leur donnait une ligne à dire dans le cadre de fausses entrevues et ils brodaient autour, ils ajoutaient de la viande... c’était exponentiel!

AC: Même l’humoriste Philippe Bond a fait une apparition dans le film. Il était de passage dans la région au même moment et je lui ai demandé s’il avait envie de participer et de tourner quelques scènes avec nous.

Quel a été votre plus grand défi?
AC: On s’est mis des standards de qualité assez élevés. On avait une très bonne caméra, mais aussi toutes sortes de vieilles caméras pour créer de fausses images d’archives. C’était assez épique!

PFS: On devait remettre notre film à 17h, pas une minute de plus. Cinq minutes avant l'heure de tombée, on était encore en train de faire de la compression de fichiers dans la voiture!

Votre court métrage a reçu un bel accueil. Avez-vous été surpris par la réaction?
PFS: On ne savait pas trop à quoi s’attendre. On a été agréablement surpris par notre victoire au concours, mais surtout par la sélection de notre court métrage pour la programmation de Talent tout court. Avec le Centre Phi, on sort de notre petite bulle et on a la chance de tester la réaction d’un public plus vaste. C’est toujours intéressant de voir qu’une création peut interpeller les gens au-delà du public auquel elle est originalement destinée.

Qu’est-ce qui s'en vient pour Amos Beauty au cours des prochains mois?
PFS: On souhaite le présenter dans différents festivals pour rejoindre différents publics. On a déjà été sélectionné pour un festival, mais on ne peut malheureusement pas l’annoncer avant la fin juillet!

AC: J’ai aussi terminé le tournage du court métrage Apnée, l’adaptation du roman graphique de la bédéiste québécoise Zviane. On a une foule de projets de documentaires et de courts métrages sur la planche, mais notre objectif est d’abord de bien «installer» Amos Beauty et Apnée.

Entrevue par Julie Champagne

Découvrez la programmation complète de Talent tout court.

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