Dans cette nouvelle série d’articles, Le Rhinocéros par Phi rend hommage aux créateurs en tout genre. Découvrez ceux qui repoussent les limites de la créativité.

Bonvilain, c’est le rêve d’enfance de deux cousins devenu (vraiment) grand. Depuis toujours, Thomas Magny et son cousin Édouard Adam étaient passionnés de vêtements. «On s’achetait des magazines de mode avec notre argent de poche quand on était jeunes», raconte Thomas. En 2013, armés de quelques centaines de morceaux, ils louent un loft et y organisent une vente. Trois heures plus tard, tout était vendu. Bonvilain était né.

Depuis septembre dernier, Le Rhinocéros par Phi est la première et la seule boutique à offrir la marque Bonvilain. Entretien avec Thomas Magny, le créateur derrière cette nouvelle venue.

Tu n’as pas toujours occupé les mêmes fonctions au sein de Bonvilain. De quelle façon la compagnie s’est-elle transformée depuis ses débuts?
Initialement, c’est mon cousin Édouard qui s’occupait du design des morceaux. J’étais responsable de la mise en marché, de l’image de marque, de l’administration et du financement, mais on a toujours travaillé en étroite collaboration. Quand il a quitté le projet, il y a quelque temps, j’ai repris les rênes de Bonvilain et commencé à créer. On est présentement trois au sein de la compagnie: Charles-Éric Beaulieu à la mise en marché et au développement, Olivier Thibault aux finances et à la production, et moi.

Comment décrirais-tu votre clientèle?
Agréablement diversifiée, nos clients sont âgés de 18 à 65 ans! C’est assez fou. On a des gens qui nous suivent depuis longtemps. Plusieurs d’entre eux s’associent beaucoup à notre nom, qui incarne parfaitement la dualité qui se trouve au cœur de la marque. Nos créations sont inspirées du streetwear et de la culture hip-hop, avec des coupes amples, mais nos silhouettes sont structurées, nos tissus sont de haute qualité et nos designs sont minimalistes. Nos clients sont donc des gens qui veulent acheter local et qui s’identifient à un look un peu street, mais toujours classe.

Quelles sont les valeurs incarnées par Bonvilain?
Aujourd’hui, on se concentre énormément sur une approche locale. Initialement, on imprimait sur des vêtements faits à l’étranger qu’on vendait beaucoup moins cher, mais on travaille désormais avec des entreprises locales pour créer un produit aussi éthique que possible. Nos vêtements sont fabriqués, assemblés et imprimés à Montréal sur du tissu biologique. C’est vraiment important pour nous d’offrir un produit dont on est fier, autant pour sa beauté que pour sa provenance, et que nos clients seront fiers de porter. Ça présente de nombreux défis, du point de vue logistique comme financier, mais jusqu’à présent on arrive à concilier l’idéologie Bonvilain avec nos préoccupations éthiques et on prévoit poursuivre dans cette direction.

À quoi ressemble ton expérience depuis que tu as fait ton entrée dans le milieu de la mode?

Montréal déborde de talent, et j’entends par là tout le milieu artistique et créatif. Je suis un amoureux du processus de création, quel qu’il soit, du design à l’art visuel en passant par le stylisme. La conception d’un produit m’intrigue autant du point de vue du design fonctionnel que de la signature visuelle et du message qu’il véhicule. Je m’implique dans la création, mais je fais aussi de la photo, du stylisme, du branding… J’évolue au sein du milieu créatif montréalais au sens large, pas seulement celui de la mode. C’est très motivant d’être entouré de gens talentueux et de travailler dans une ville aussi vivante.

Quand vient le temps de créer, de quoi t’inspires-tu le plus?
Pour créer, je tente de faire le vide. Je sais que c’est impossible de s’isoler complètement de l’influence des autres, mais j’essaie d’entretenir un processus créatif aussi authentique que possible et de ne penser à rien d’autre que Bonvilain quand je crée: notre image, notre vibe, nos morceaux. Je pense que pour réussir, il faut avoir le courage de faire ce qu’on veut sans trop se laisser influencer.

Quels sont tes rêves pour le futur de la marque?
À moyen et long terme, j’aimerais bâtir une équipe de créateurs qui partagent une vision de Bonvilain et travaillent dans le but commun d’offrir le meilleur produit ever pour le pousser aussi loin que possible. J’aimerais aussi arriver à faire ça à temps plein avec mes deux partenaires. Ça serait le rêve! Pour l’instant, les marchés montréalais et québécois marchent bien, mais on veut élargir nos horizons. On fera d’ailleurs un lancement à Toronto bientôt. Après le Canada, on se concentrera probablement sur l’Europe.

L’univers créatif de Thomas Magny

Musique pour créer? Beaucoup d’instrumental et de musique classique, G-Easy, Frank Sinatra, Dmitry Evgrafov, A$AP Rocky, Travis Scott
Sources d’inspiration visuelle et icônes de style? Chris Stamp, Martin Margiela, Jerry Lorenzo, Rick Owens, Christian Dior, Tom Ford, Street Etiquette
Quartier favori? Le Mile-End, toute la créativité montréalaise s’y trouve. Aucun quartier n’est aussi stimulant!
Marques préférées? Acne Studios, A.P.C., Vetements, Comme des Garçons, Stutterheim

Propos recueillis par Gabrielle Lisa Collard

Crédit photo
Direction créative et photographie: George Fok
Stylisme: Vanessa Purdy et Cynthia Raposo
Maquillage: Cynthia Raposo
Cheveux: Sess Elusma
Ongles: Valerie Ducharme
Mannequin: Sakina Chigoho

À propos de Rhinocéros par Phi
Réinventée comme une extension de l’expérience des visiteurs du Centre Phi, la boutique Le Rhinocéros par Phi se veut plus que jamais une vitrine pour l'art sous toutes ses formes. L’apparence et l’atmosphère de la boutique sont renouvelées périodiquement mais la philosophie demeure la même: procurer à ses visiteurs une expérience résolument artistique.
> À lire également...
> Nos suggestions d’événements