Le 5 mai dernier, Phi organisait, en collaboration avec le MIT Open Documentary Lab, la conférence Mémoire numérique: assurer la pérennité des nouvelles formes de documentaires. Dédiée à l'enjeu crucial de la préservation des œuvres numériques, cette journée a mis de l'avant plusieurs panels et conférences, regroupant plus de 25 invités locaux et internationaux, tous experts dans leur domaine. Voici quelques-unes des conférences marquantes qui ont eu lieu chez nous durant cet événement d'envergure (tous les contenus sont disponibles dans leur intégralité en version originale anglaise sur notre chaîne YouTube).

C'est William Uricchio, professeur en étude comparée des médias au MIT et à l’Utrecht University qui a eu la lourde tâche d'ouvrir la conférence, en mettant d'entrée de jeu l'accent sur les besoins et problématiques reliées à l'enjeu de la préservation de documentaires interactifs. S'intéressant à l'histoire des différents médiums qui ont traversé les époques (photographie, cinéma, télévision, etc.), le Professeur Uricchio se spécialise surtout dans la notion de commencement, d'abord pour cibler ce qu'ont en commun ces commencements, mais aussi ce qui les différencie et ce que nous pouvons en retirer.

D'un côté, Caspar Sonnen, conservateur et organisateur de festivals (notamment du IDFA DocLab), de l'autre, Erwin Verbruggen, chef de projet au Netherlands Institute for Sound and Vision. Dans leur brève introduction au documentaire interactif, les deux complices ayant fait connaissance au Open Air Film Festival d'Amsterdam nous ont présenté quelques exemples de travaux qui ont retenu leur attention dans le cadre de la problématique abordée durant cette journée.

La pétillante Jepchumba a également pris part à la conférence pour nous présenter un exposé sur le colonialisme numérique et la disparition de la mémoire numérique. Passionnée du numérique, l'artiste africaine est fondatrice et directrice de la création d'African Digital Art, un espace collectif et créatif où les artistes et les professionnels du secteur numérique peuvent puiser de l’inspiration, présenter leurs œuvres et entrer en contact avec des artistes émergents.

Parmi les moments forts de Mémoire numérique, impossible de faire abstraction de Jason Scott — et de son style vestimentaire pour le moins excentrique! Probablement un des noms les plus attendus de la journée, ce personnage porte plusieurs chapeaux: en plus d'être archiviste et historien chez Internet Archive, il a réalisé plusieurs documentaires portant sur la culture technologique, dont BBS: The Documentary (2005), Get Lamp (2010) et DEFCON: The Documentary (2013). Sa conférence Le dernier bip: un cri lancé pour l'émulation de pointe sur le Web est à voir absolument.

Pour parler des meilleures pratiques pour la conservation d'art numérique, Christiane Paul est la personnes toute désignée. Professeure agrégée à la School of Media Studies, l'experte est également conservatrice adjointe de la collection d’art numérique au Whitney Museum of American Art. Christiane Paul nous présente un large tour d'horizon de la question, en mentionnant les travaux de recherche de The Variable Media ainsi que différentes stratégies de préservation telles l'émulation, la migration ainsi que la reconstitution, tout en abordant les défis rencontrés pour chaque type d'œuvre.

Deuxième panel de la journée, Politique, ou la planification de la postérité réunissait quelques experts et pionniers de la préservation numérique: Dr. Nancy Y. McGovern de MIT Libraries, Janine Steele de l'ONF, Chance Coughenour de Google Arts & Culture et Monique Simard de la SODEC. Animée par Julia Kaganskiy du New Museum, la conversation portait sur l'avenir des différents documentaires et œuvres interactives, et sur le rôle qu'ont les institutions gouvernementales dans leur processus de préservation.

Pour visionner l'intégrale des vidéos produites dans le cadre de la conférence Mémoire numérique: assurer la pérennité des nouvelles formes de documentaires, abonnez-vous à notre infolettre ou rendez-vous sur notre chaîne YouTube.

Crédit photo (couverture): Jean-Sébastien Dénommé

Propos recueillis par Centre Phi
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