Crédit photo: Raveen

L'équipe du Centre Phi vous partage ses plus récentes découvertes, sa sélection de concerts immanquables ainsi qu'un échantillon de chansons en écoute sur repeat. Talents locaux, artistes internationaux de passage dans la métropole et autres incontournables à vous mettre sous la dent.

Les albums: Montréalais discrets et moins discrets

Always, par Raveen
S’il y a une formation locale qui ne fait pas assez jaser ces temps-ci, c’est bien Raveen. Le discret trio montréalais composé d’Éric Séguin (chant), de Stokely Diamantis (basse) et de Peter Colantonio (batterie) lançait, il y a quelques semaines, son album Always. Dès la première écoute, on remarque la voix haut perchée du chanteur, qui nous fait tourbillonner jusqu’à en donner le vertige. Facile de tomber peu à peu sous le charme des intrigants paysages sonores mettant en valeur les diverses couches et textures électroacoustiques produites par le groupe. Des arrangements orchestraux imposants, l’ajout d’une chorale sur certains refrains et une aisance à piger dans différents styles musicaux (R&B, jazz ou encore pop) d’une pièce à l’autre tout en réussissant à conserver une belle homogénéité, et le tour est joué. Une découverte qui vaut le coup.

Superficial, par Ouri
Possiblement l’une des productrices les plus prolifiques de la métropole, Ouri porte également les chapeaux de compositrice, DJ et multi-instrumentiste, denrée rare sur la scène électronique locale du côté de la gent féminine. Enchaînant les performances et collaborations, pas de doute, la complice du Montréalais CRi vole maintenant de ses propres ailes. Signée depuis peu sur Make It Rain Records, la toute nouvelle étiquette créée par Bonsound, l’artiste surprend avec Superficial, EP dont la finition n’a rien du côté simpliste suggéré par son titre. Sur Left Me, pièce phare de l’album, on apprivoise une sensualité assumée et une finesse qui, en cours de route, se corse pour faire place à des lignes de basse rugueuses. Somme toute, une galette rafraîchissante à consommer sans modération, dans le casque d’écoute comme sur le plancher de danse. Un conseil: attrapez Ouri au plus vite lors de son prochain set avant qu’il ne soit trop tard pour la voir dans une petite salle.

Everything Now, par Arcade Fire
Comment passer à côté du supergroupe qui a mis Montréal sur la map? Même si Win Butler et sa bande ne l’ont pas eu facile avec la presse ces dernières semaines — pensons notamment à la critique de Jeremy D. Larson publiée sur Pitchfork, ou encore à l’accueil polarisé réservé à un stratagème marketing complexe qui s'est terminé en pétard mouillé —, avouons-le, la pièce titre de l’album, nous l’avons tous écoutée sur repeat pendant un bout. Est-ce la conséquence d’un envoûtement qui aveugle encore la communauté indie montréalaise, prise dans une relation où le culte voué au groupe est comparable à un amour inconditionnel? Peut-être. Mais, une chose est sûre, Everything Now s’avère une proposition audacieuse, musicalement parlant. Suffit de prêter l'oreiller à Signs of Life, Electric Blue ou encore la poignante We Don’t Deserve Love pour le constater. Et, encore une fois, AF envoie un message clair: les membres de la formation poursuivront leur exploration musicale, quitte à laisser quelques nostalgiques en quête de guitares dépouillées de côté. Au final, pour chaque nouvel album, les attentes sont titanesques, le défi de taille: produire un disque de qualité, innovateur, mais qui conserve la signature Arcade Fire, duquel on attend un effet instantané, viscéral, comme une sorte de machine à chair de poule dont on n’est jamais tout à fait rassasié.

Les sorties: clore la saison estivale en beauté

Avec un changement de dates pour sa 18e édition, MUTEK Montréal arrive juste à point pour célébrer la fin de la belle saison. Au Monument-National, au MTELUS ou encore à la SAT, c’est le rendez-vous annuel immanquable pour tous les amateurs de culture électronique émergente et de créativité numérique avec une twist avant-gardiste. Parmi nos musts, comptons la soirée Drone Activity in Progress, organisée en collaboration avec Red Bull Music Academy, puis l’événement Inter_Connect Berlin, qui promet de dégourdir les tympans des plus aguerris. Du 22 au 27 août.

Pour le dernier week-end du mois, l'étiquette Make It Rain Records (mentionnée plus haut) vous a concocté une soirée qui risque d'en faire bouncer plus d'un. Rassemblant entre autres Vnce Carter, Ouri, Joe Rocca, Yes Mccan et Kevin Na$h aux platines, l'événement intitulé Summer Cookout 2017 semble s'avérer un excellent plan pour votre dernier samedi d'août.

Les chansons: mosaïque de clairs-obscurs

Notre périple musical se poursuit avec le duo Milk & Bone, composé de Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne. Avec leur nouvel extrait Daydream, les deux Montréalaises nous proposent une pop planante qui laisse présager le meilleur pour leur prochain disque, qu'on attend impatiemment.

Ensuite, c'est la formation Hundred Waters qui a capté notre attention avec Blanket Me, pièce tirée de leur troisième album studio Communicating. Vous en voulez plus? Le groupe sera en concert à Montréal le 3 octobre prochain.

Tirée de la bande originale du thriller Good Time, présenté lors de la dernière édition du Festival international de films Fantasia, la chanson The Pure and the Damned met en scène un Iggy Pop théâtral, sombre. Une fois de plus, Oneohtrix Point Never vise juste avec cette collaboration improbable.

Enfin, on termine tout en légèreté avec les héros de la pop écossaise Belle and Sebastian, qui étaient de passage en ville il y a quelques semaines à l'occasion du festival Osheaga. En écoute, la pièce We Were Beautiful.

À propos de Laurianne Désormiers
Laurianne c’est le bébé de l’équipe, mais c’est aussi celle qui œuvre au sein du Centre Phi depuis son ouverture, en 2012. Elle se dit grande, ultracurieuse et un peu baveuse (mais pas méchante); ses collègues acquiescent et ajoutent qu’elle est surtout la jeune branchée de l’équipe (un titre qu’elle assume plus ou moins), sévèrement atteinte du syndrome FOMO et dotée d’un redoutable esprit critique. Elle est adepte de culture musicale alternative (elle a animé une émission à CISM pendant plusieurs années), de films indépendants, et, par-dessus tout, d'art, celui qui a la capacité d'émouvoir, d'éduquer et de permettre une ouverture sur le monde. Gestionnaire de contenus, Laurianne met sa formation en communication marketing au service de la culture et aime contribuer au rayonnement des artistes, à Montréal et ailleurs.
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