Photo gracieuseté de Coyote Records

L'équipe du Centre Phi vous partage ses plus récentes découvertes, sa sélection de concerts immanquables ainsi qu'un échantillon de chansons en écoute sur repeat. Talents locaux, artistes internationaux de passage dans la métropole et autres incontournables à vous mettre sous la dent.

Les albums: bizarreries et variations pop

Dedicated to Bobby Jameson, par Ariel Pink
Difficile de trancher: le personnage d’Ariel Pink relève-t-il du pur génie ou de la démence profonde? Quand on a vu l’artiste en concert, le questionnement est légitime. L’Américain se présente à tout coup comme une divertissante énigme à résoudre, et s’amuse avec les codes de la pop mieux que quiconque. Sur Dedicated to Bobby Jameson, celui qui nous avait offert le délicieux Pom Pom en 2014 est de retour avec un album concept dédié au cultissime chanteur californien. Parfois sur des notes de romance, parfois à travers des jams un peu bordéliques, Ariel Rosenberg de son vrai nom nous empreint de ses vapeurs psychédéliques comme jamais, notamment avec les très réussies Another Weekend et Feels Like Heaven. N’hésitant pas à mettre de l’avant sa douce folie, l’artiste, qui en est à son deuxième opus sans son groupe Ariel Pink and the Haunted Graffiti, n’a pas fini d’étonner.

À jamais privé de réponses, par Paupière
Après un microalbum qui avait joui d’une réponse médiatique fort enviable, la formation montréalaise nous propose (enfin!) À jamais privé de réponses, un disque précis et dansant à souhait. Le trio est composé de Pierre-Luc Bégin, qu’on connaît pour son apport au sein des formations We Are Wolves et Polipe, mais aussi de Julia Daigle et d’Éliane Préfontaine, respectivement du milieu des arts visuels et du théâtre. Dans une approche valorisant le multidisciplinaire, chaque membre apporte son côté éclaté au son du groupe. Et dans Paupière, il y a pop. C’est donc dans un univers décoré de synthés aux couleurs eighties que la formation nous bricole un enchaînement de pièces dont on ne se lasse pas, avec une dose irrésistible de kitsch et un penchant frenchy bien assumé. Évidentes sont les comparaisons avec des projets comme La Femme ou encore Fanny Bloom, mais reste que Paupière a su trouver son identité propre, identité que nous continuons de découvrir avec ravissement. Allez hop, sur la piste de danse!

Antisocialites, par Alvvays
Il y a trois ans, les Torontois d’Alvvays nous proposaient un premier album homonyme, retenu non sans raison sur la liste courte du très convoité prix de musique Polaris. Quelques spectacles plus tard, le quintette mené par Molly Rankin a peaufiné son son, sans toutefois y apporter de drastiques changements. Antisocialites conserve ce côté adolescent, avec ses mélodies nostalgiques et sa pop rêveuse, mais les textes parsemés de références à une jeunesse insouciante laissent tranquillement place à des réflexions un peu plus existentielles, incertitudes de la fin vingtaine obligent. Somme toute, on a droit à des métaphores qui prennent toutes sortes de directions, dont un hommage à Jim Reid du groupe The Jesus & Mary Chain sur Lollipop (Ode To Jim). On aurait repris davantage d’Archie, mais les pièces Dreams Tonite, Not My Baby et In Undertow valent à elles seules le détour. Et quoi de mieux qu’un concert de la formation en sol montréalais en novembre prochain pour en juger par vous-même?

Les sorties: quand RBMA débarque en ville 

Un an après l'édition 2016 de la Red Bull Music Academy, l'organisation atterrit de nouveau dans la métropole pour le RBMA Weekender, du 21 au 24 septembre. Le temps d'un week-end s'enchaîneront plusieurs performances qui sauront régaler autant les oreilles des néophytes comme celles des mélomanes les plus aguerris. Dans un premier temps, la bande de Moonshine vous convie à une soirée qui mettra de l'avant la crème de la scène afro électronique, avec notamment Le1f, Bambii, Pierre Kwenders et Odile Myrtil. Puis, ce dimanche, c'est Rhye et Charlotte Day Wilson (qui était en concert chez nous au printemps dernier) qui vous donnent rendez-vous du côté du National pour clôturer le festival.

Sinon, ce ne sont pas les bons plans qui manquent au cours des prochaines semaines si vous êtes en ville. Avec sa pop voluptueuse, Tei Shi risque d'en faire se déhancher plus d'un lors de son passage à Montréal la semaine prochaine. Puis, autre must à ajouter au calendrier, Alex Cameron, musicien australien à connaître absolument, viendra nous livrer les pièces de son plus récent album Forced Witness au début du mois d'octobre.

Les chansons: ritournelles au féminin

Joli cadeau gracieuseté de Charlotte GainsbourgRest laisse présager le meilleur pour un album attendu le 17 novembre prochain, réalisé conjointement avec SebastiAn et sur lequel nous pourrons également entendre Owen Pallett et Paul McCartney.

Si vous ne connaissez pas encore les délicates chansons de Félix Dyotte, l'extrait Je cours est la parfaite occasion pour découvrir l'auteur-compositeur-interprète montréalais, accompagné ici par la voix d'Évelyne Brochu. Coup de cœur pour le vidéoclip, réalisé par le studio Bien à vous.

Björk n'a pas fini de surprendre et d'innover, et cette fois-ci c'est avec le vidéoclip The Gate que la magie opère. Rappelant par moments l'univers fantastique de l'œuvre Familyles images mettent en scène une histoire d'amour transcendante. Rappelons qu'Utopia, dixième album de l'iconique artiste islandaise, sortira en novembre.

Et, pour terminer, St. Vincent alias Annie Clark nous séduit avec la pièce Los Angeles, quelques mois après nous avoir proposé la sombre ballade New York. Inutile de préciser qu'on a bien hâte d'entendre la suite!

À propos de Laurianne Désormiers
Laurianne c’est le bébé de l’équipe, mais c’est aussi celle qui œuvre au sein du Centre Phi depuis son ouverture, en 2012. Elle se dit grande, ultracurieuse et un peu baveuse (mais pas méchante); ses collègues acquiescent et ajoutent qu’elle est surtout la jeune branchée de l’équipe (un titre qu’elle assume plus ou moins), sévèrement atteinte du syndrome FOMO et dotée d’un redoutable esprit critique. Elle est adepte de culture musicale alternative (elle a animé une émission à CISM pendant plusieurs années), de films indépendants, et, par-dessus tout, d'art, celui qui a la capacité d'émouvoir, d'éduquer et de permettre une ouverture sur le monde. Gestionnaire de contenus, Laurianne met sa formation en communication marketing au service de la culture et aime contribuer au rayonnement des artistes, à Montréal et ailleurs.

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