C’est parti! La Osheaga fever s’est emparée de la métropole, tout comme les quelque 135 000 festivaliers assoiffés de spectacles et de bains de foule qui ont répondu à l'appel. Durant trois jours, nous vous entraînerons avec nous pour ce marathon un brin frénétique, question de vous amener au-delà des grandes scènes et têtes d’affiche.

Malgré une première journée bien chargée, notre samedi n'allait pas être de tout repos. Dans notre ligne de mire en cette deuxième journée au soleil de plomb, plusieurs artistes aux noms connus et moins connus, à commencer par Charlotte Cardin. En quelques mois seulement, la jeune Montréalaise a réussi à attirer l'attention médiatique et populaire, juste à temps pour le festival. Encore une fois, les programmateurs d'Evenko avaient visé juste. En live, les titres du EP Big Boy sonnent bien, puis Cardin communique son entrain avec le public. Mais c'est réellement lorsque l'artiste se retrouve seule au piano, en version épurée, que la magie opère. Coup de théâtre, à peine trois heures plus tard, Osheaga nous annonce que Cardin se produira une seconde fois, en remplacement de Frightened Rabbit, à 16h. Un baptême dont la chanteuse se souviendra assurément!

Penchants rock au programme

Un bref coup d'œil à l'horaire nous indique que nous avons maintenant rendez-vous avec la formation britannique Daughter. En route, nous en profitons pour contempler les diverses œuvres et installations artistiques qui bordent notre chemin. Parmi celles-ci, une statue rendant hommage à David Bowie, réalisée par le Montréalais Stikki Peaches. Arrivés à destination, belle surprise du côté de la scène de la Montagne: le rock du trio mené par l'intense Elena Tonra fait son effet, malgré les refrains mélancoliques et un côté sombre omniprésents. La formation choisit d'y aller avec parcimonie avec les morceaux tirés de If You Leave, premier album qui avait fait leur succès en 2013, pour laisser place aux mélodies de Not to Disappear.

S'ensuit la performance de The Arcs, projet parallèle de Dan Auerbach, moitié du duo The Black Keys. Une agréable découverte, au-delà des attentes même. Fidèle à sa réputation, le chanteur-guitariste particulièrement en forme nous en met plein la vue et prouve encore une fois sa capacité à rassembler la foule. Un rock cru, désinvolte, bonifié par les solos de guitare d'Auerbach et trois choristes efficaces. Une des meilleures performances de la journée.

Kaytranada: un joyeux carnaval

Poursuivant notre périple, nous cheminons jusqu'à la scène Verte pour nous laisser emporter par le son de Best Coast. Devant un public conquis, le duo livre son rock grunge aux accents surf, qui se prête particulièrement bien au contexte festivalier. Boyfriend, Crazy for You ainsi que la plus récente California Nights font danser les fervents adeptes et nouveaux initiés, donnant le ton à notre prochain concert à l'agenda.

Direction la scène Piknic Électronik, qui se situe à quelques pas de là. Avant même que Kaytranada se pointe sur scène, l'excitation est palpable et la foule se masse, pendant que Mura Masa achève son set. «Je suis partie de Toronto hier soir juste pour voir Kaytranada, il est sans aucun doute mon highlight du week-end!», nous raconte une jeune fan pour le moins exaltée. Pour ceux qui avaient besoin d'une preuve supplémentaire, Louis Kevin Celestin alias Kaytranada a indéniablement acquis le statut de superstar de la scène électronique.

C'est alors que, en harmonie avec le coucher du soleil et un nombre imposant de festivaliers au mètre carré, le producteur et DJ fait son entrée sur scène. Dans une ambiance carnavalesque, le Montréalais nous ensevelit de ses beats aux rythmes colorés, avec un public enflammé qui s'en donne à cœur joie. Disons qu'il fallait y être pour comprendre.

Pour ceux qui n'auraient pas encore mis la main sur son album 99.9%, paru en main dernier et en nomination pour le prix Polaris, l'écoute en est indispensable.

Prêtresses de la pop

La soirée se conclut en émotion avec l'attendue Lana del Rey, tête d'affiche du jour. Mais, juste avant, nous zigzaguons vers la scène des Arbres pour aller capter quelques minutes du concert de la fascinante Aurora, nouvelle sensation norvégienne à surveiller. Se produisant pour une première fois à Montréal, l'auteure-compositrice-interpète et sa pop empreinte d'électro ont attiré une foule considérable. Une performance surprenante pour cette jeune nouvelle recrue de tout juste 20 ans.

Pour sa part, Lana del Rey a offert à ses fans un spectacle maîtrisé, langoureux, tout en féminité. Si les critiques lui ont souvent reproché son manque de prestance sur scène, la grande dame de la pop était tout à fait au point hier soir. Impressionnante, del Rey s'est avérée en parfait contrôle de sa voix, partageant par ailleurs plusieurs bons moments avec son public. Born to Die, Blue Jeans, High by the Beach et autres Video Games s'harmonisaient parfaitement à l'atmosphère de chaude soirée d'été, avec en trame de fond quelques feux d'artifice. En bonus: une interprétation de Chelsea Hotel de Leonard Cohen, désormais hymne montréalais, également personnifié par les Red Hot Chili Peppers vendredi soir.

Somme toute, une deuxième journée plus que satisfaisante qui nous a permis de vivre l'expérience Osheaga à son plein potentiel. Maintenant, on enfile notre chapeau pour aller arpenter les scènes du parc Jean-Drapeau pour une dernière fois ce week-end. À tout à l'heure!

À propos de Laurianne Désormiers
Laurianne c’est le bébé de l’équipe, mais c’est aussi celle qui œuvre au sein du Centre Phi depuis son ouverture, en 2012. Elle se dit grande, ultracurieuse et un peu baveuse (mais pas méchante); ses collègues acquiescent et ajoutent qu’elle est surtout la jeune branchée de l’équipe (un titre qu’elle assume plus ou moins), sévèrement atteinte du syndrome FOMO et dotée d’un redoutable esprit critique. Elle est adepte de culture musicale alternative (elle a animé une émission à CISM pendant plusieurs années), de films indépendants, et, par-dessus tout, d'art, celui qui a la capacité d'émouvoir, d'éduquer et de permettre une ouverture sur le monde. Gestionnaire de contenus, Laurianne met sa formation en communication marketing au service de la culture et aime contribuer au rayonnement des artistes, à Montréal et ailleurs.
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