Des paroles qui dénoncent, des rythmes qui bercent, des images qui osent. L'heure du thé n'aura jamais été tant infusée d'émotions crues, douze précieux complices de Phi ayant accepté ici le défi de se dévoiler sous un nouveau jour. Comment? En partageant leur poème préféré et, par le fait même, en nous faisant découvrir quelques-unes des voix de la poésie. Dans le premier volet de cette série vidéo inédite produite et créée par Phi, Lydia Képinski, Narcy et Casey Spooner se prêtent sans censure au jeu des rimes et des sonorités pour nous servir un moment d'introspection...

I love you as the plant that never blooms
but carries in itself the light of hidden flowers

Casey Spooner récite XVII (I do not love you…), de Pablo Neruda

Casey Spooner est à la fois la moitié du duo electroclash Fischerspooner et un artiste visuel devenu égérie de la culture gaie. Nouvellement parisien, il prône une philosophie nudeI want muscles made of joy», dit-il), mais se passionne pour la mode qui décoiffe sur son fil Instagram follement couture. Il aura d'ailleurs fallu attendre neuf ans la parution de son troisième album, produit par Michael Stipe de R.E.M. Troublé par l'amour, mot problématique qu'il a longtemps détesté, sautant pieds joints dans la contradiction, Casey Spooner nous récite un sonnet dédié... à l'amour... de Pablo Neruda, le grand poète chilien.

Narcy récite Because I Cannot Sleep, de Rumi

Il voit dans le hip-hop un pont entre l'Orient et l'Occident, un art susceptible d'entraîner des changements sociaux. C'est pourquoi le rappeur, activiste, acteur et réalisateur Narcy—né Yassin Alsalman—enseigne le hip-hop à l'Université Concordia. Cet insomniaque musical a travaillé avec Dave Chappelle et Spike Lee, a reçu une nomination pour sa vidéo R.E.D. de A Tribe Called Red aux prix Juno et a prêté sa voix au jeu Assassin’s Creed: Origins. Il a choisi son maître spirituel, le poète persan Rumi, le O.G. qui parle d'insomnie et d'aliénation... et qui écrivait au 13e siècle!

Because I cannot sleep
I make music at night.

Lydia Képinski récite Pour mon rapatriement, de Gaston Miron

Elle se décrit comme un humain de qualité quoiqu'assez grognon, une surprise du brassage génétique pour ses parents stupéfaits devant leur rebelle-née aux diagnostics de douance, de TDAH et de trouble d'opposition/provocation. Après la consécration d'un premier prix aux Francouvertes de 2017—ce qu'elle appelle le grand purgatoire de l'émergence—, cette multi-instrumentiste poético-synthétique tout-terrain impressionne par sa pop ciselée et son ADN de parolière. Pas étonnant qu'elle se tourne ici vers Gaston Miron, poète national du Québec, qui rapaille langue, argot, mots de neige et d'amour dans sa quête de rapatriement.

je n'ai jamais voyagé
vers autre pays que toi mon pays
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