Crédit photo: Office national du film du Canada

Le court métrage a une place de choix au sein des murs du Centre Phi. Notre installation Talent tout court offre une programmation renouvelée chaque mois. De plus, notre commissaire cinéma Danny Lennon, programmateur de Prends ça court!, ne rate pas une occasion d’offrir aux cinéphiles une soirée de courts métrages coups de cœur ramenés des différents festivals qu’il visite.

C’est par le court métrage que nombre de réalisateurs font leurs premières armes, se familiarisant avec le montage, apprivoisant le scénario, l’image, asseyant leurs idées dans un cadre concis et défini. C’est un support populaire, facile à partager par sa courte durée. Particulièrement dans cette ère ou l’attention se retrouve de plus en plus divisée, le court métrage s’immisce partout, dans les festivals, en première partie de longs métrages ou dans les craques de l’horaire chargé des internautes.

Le partage en ligne constitue une excellente plateforme pour les jeunes réalisateurs d’aujourd’hui en quête de visibilité. Même avant l’avènement de l’Internet, le court métrage a servi de tremplin à plusieurs grands réalisateurs. Voici quatre cinéastes canadiens et les courts métrages qui les ont fait connaître.

Norman McLaren
Le réalisateur, producteur et animateur est l’un des cinéastes les plus décorés de l’histoire du cinéma canadien et l’auteur d’une œuvre colossale produite en étroite collaboration avec l’Office national du Film. Entraîné par une époque de bouleversements et une créativité en ébullition au sein du cinéma québécois, Norman McLaren a réalisé plusieurs courts métrages qui sont encore aujourd’hui étudiés pour leur usage de différentes techniques novatrices.

Il forme des partenariats brillants comme celui avec Vincent Warren, premier danseur des Grands Ballets Canadiens, pour le saisissant Pas de deux. Ses plus grandes réalisations sont probablement Dots, dont chaque image a été peinte sur la pellicule et chaque son a été gratté à même le film, et Voisins, son plus célèbre court métrage pour lequel il remporte l’Oscar du meilleur court métrage documentaire en 1953.

Denis Villeneuve
Le jeune Denis Villeneuve se fait d’abord connaître alors qu’il participe à la Course destination monde, où il se démarque grâce à ses reportages uniques et ambitieux. En 1994, il termine de réaliser son premier court métrage documentaire, REW-FFWD, qui lui vaut le prix du New York Film Academy à Locarno 1994. Le film suit un photographe censé faire un reportage en Jamaïque, mais dont la voiture tombe en panne au milieu d’un ghetto où, dans son attente, il est témoin sans filtre de la réalité du pays.

Chloé Robichaud
Ayant forgé sa place au sein du cinéma québécois par son premier long métrage Sarah préfère la course, en nomination pour la Caméra d’or à l’édition 2013 du Festival de Cannes, Chloé Robichaud s’est approprié le septième art par des courts métrages simples et troublants de réalisme. Après RegardlessAu revoir Timothy et  Nature morte, la réalisatrice se rend à Cannes avec Chef de meute, qui est en sélection officielle et nommé pour la Palme d’or du court métrage en 2012. Après son premier long métrage, elle offre Féminin/Féminin, une série Web dont la première saison obtient un vif succès, notamment auprès de la communauté LGBT québécoise. La série se retrouve désormais sur ICI Tou.tv.

Denys Arcand
Le réalisateur qui nous a offert Les invasions barbares, gagnant de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2004, fait la fierté du cinéma québécois depuis lors. La première réalisation solo de Denys Arcand est un documentaire qui mélange les animations du célèbre artiste québécois Frédéric Back et des images de la ville de Québec pour dépeindre la vie de Samuel de Champlain en Nouvelle-France depuis ses années d’exploration et de travail colonisateur jusqu’à sa mort en 1635. Québec 1603 – Samuel de Champlain a reçu le prix du meilleur film pour enfants au Palmarès du film canadien de 1965.

Le court métrage est un excellent moyen d’acquérir des compétences et surtout de bâtir sa réputation en tant que réalisateur. Maints producteurs scrutent les différents festivals à la recherche de projets alléchants. Il n’en tient qu’au jeune réalisateur de se lancer et de proposer son œuvre dans la myriade de rassemblements et de concours qui forment le paysage du cinéma québécois et canadien!

En février dernier, notre commissaire cinéma offrait d’ailleurs une entrevue à La Presse au sujet de l’excellente condition du court métrage québécois.

À propos du Centre Phi
Le Centre Phi, c’est des salles qui se transforment au gré des activités: lancement, conférence, colloque, projection, exposition, concert, spectacle, installation interactive. C’est des studios de création et de production, avec la technologie la plus sophistiquée, mise au service des besoins artistiques. C’est un centre multifonctionnel où l’art peut s’exprimer dans tous ses états. Et c’est surtout un lieu d’échanges, d’apprentissage, de découverte, de lancement, de tournage, d’enregistrement, etc.
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