En 2001, Louise Archambault se fait remarquer avec son premier court métrage Atomic Saké, mettant en vedette un impressionnant trio féminin: Suzanne Clément, Audrey Benoît et Noémie Godin-Vigneau. En 2005, la réalisatrice et scénariste présente Familia, qui lui mérite notamment le prix du meilleur premier film canadien au Festival international du film de Toronto. Son plus récent long métrage, le lumineux Gabrielle, a fait le tour du monde et représenté le Canada aux Oscars.

Atomic Saké figurant parmi la programmation d’avril de Talent tout court, notre espace permanent consacré au court métrage canadien, l'occasion était belle de parler cinéma avec la réalisatrice.

Quelle était votre inspiration pour Atomic Saké?
J’avais envie d’explorer le sujet de la transparence: est-ce que toute vérité est bonne à dire? Je crois que c’est un questionnement normal qui nous traverse tous l’esprit un jour ou l’autre. Quinze ans plus tard, cette réflexion m’habite encore et, selon les années, la réponse change, évolue. Atomic Saké s’inspire librement de situations vécues par des gens de mon entourage, ce qui en fait à certains égards un court métrage très personnel, même s’il reste une fiction. En 2001, j’avais un gros «kick» sur le noir et blanc. Le film Persona du réalisateur suédois Ingmar Bergman m’avait beaucoup inspirée.

Comment s’est déroulé le tournage?
C’était magique! Toute l’équipe était investie, tant les collaborateurs techniques que les trois super actrices. On partageait une même envie de nouveauté, de repousser les limites. Et les pépins n’ont pas manqué! Je me souviens qu’on devait tourner des scènes à l’extérieur et qu’on avait dû annuler car il faisait –5 °C… au début du mois de juin! Comme on n’avait pas assez d’argent pour prolonger la location de l’équipement, il avait fallu improviser en tournant à l’intérieur. C’est un excellent exercice pour aiguiser sa créativité et sa flexibilité.

Quinze ans plus tard, quel regard portez-vous sur votre premier court métrage?
Je ferais sans doute des choix différents… mais le court métrage m’a appris l’art de me débrouiller avec peu. J’ai mis une année avant d’amasser les fonds nécessaires pour distribuer le film. Même si le film est scénarisé, tourné et monté, ce n’est pas complet si on ne peut pas le partager. Le cinéma est une communion avec les autres humains. J’ai fait le constat que si je voulais exercer ce métier, la détermination et la patience devraient faire partie de l’équation.

Quelles sont les singularités du format court?
Peu importe le format et la longueur, le point de départ reste le même: une histoire que tu as envie de raconter. Il faut partir de son cœur, de ses tripes. Ensuite, tu l’adaptes en fonction de tes moyens et de tes collaborateurs. Je trouve par contre que le court métrage est très formateur. Il amène une réflexion intéressante sur la construction d’un récit. Il faut raconter une histoire, un moment ou une émotion en peu de temps, il faut créer une montée efficace en peu de temps. Qu’est-ce qu’on veut dire? Comment va-t-on y arriver? Chaque moment compte.

Quels sont les récents courts métrages à découvrir?
Je suis admiratrice de Matthew Rankin qui fait des petits bijoux. Everything Will Be Okay de Patrick Vollrath est aussi excellent. C’est l’histoire d’un père qui pseudo-kidnappe sa fille dont il n’a pas la garde afin de l’amener aux Philippines. On sent le désarroi du père et l’incompréhension de la petite fille, qui ne lui en veut pas, mais qui est troublée. C’est extrêmement bien raconté et bien joué! Finalement, le court métrage La Voce de David Uloth, qui vient de remporter tous les honneurs au 20e Festival Regard [NDLR: La Voce figure également parmi la programmation actuelle de Talent tout court].

Quels sont vos prochains projets?
On est actuellement en préproduction pour la série Trop. C’est une comédie dramatique habilement écrite par Marie-Andrée Labbé, avec Évelyne Brochu et Virginie Fortin. Un personnage bipolaire provoque des situations qui n’ont pas de bon sens. Mais on ne sent aucun jugement, l’auteure se moque des actes, jamais de l’humain.

Entrevue par Julie Champagne

Découvrez la programmation d'avril de Talent tout court, qui inclut également Maurice, de François Jaros, et She Stoops to Conquer, de Zach Russell.

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