Crédit photo: Andrew Thomas Huang

Du 15 octobre au 12 novembre, DHC/ART Fondation pour l’art contemporain sera l’hôte de l’exposition Björk Digitalprésentée par la Red Bull Music Academy et Phi. Cette excursion dans l’univers de Björk nous rappelle à quel point elle est l’une des artistes les plus surprenantes et inclassables des trente dernières années. 

Björk Guðmundsdóttir, dit Björk, est née à Reykjavik en 1965. Elle entre à l’école de musique à 5 ans et y apprend la flûte et le piano. Six ans plus tard, elle enregistre un premier album homonyme pour lequel elle obtiendra un disque d’or en Islande. Adolescente, Björk découvre notamment les travaux de Ravel, Debussy, Mahler et Stockhausen, des compositeurs qui influenceront son travail, son approche et sa recherche musicale. À cette même période, elle s’implique dans des dizaines de groupes, allant de punk à pop. Elle ne cessera d’ailleurs jamais d’explorer différents genres, d’entrer dans des cases pour en sortir aussitôt et fera dialoguer le folklore et la modernité, le populaire, le classique et la technologie.

Rébellion, anticonformisme et engagements

Fille de hippies, Björk s’éloigne tôt de cette communauté et adopte dès l’adolescence une attitude rebelle qu’elle exprime dans ses différents projets musicaux. Elle s’engage notamment dans la formation punk Kukl, reconnue pour son idéologie anticapitaliste extrême, qui finira par la laisser sceptique. Björk fonde alors, avec quelques anciens camarades, le collectif Bad Taste, prônant l’agitation et l’anticonformisme. Le collectif s’exprimera essentiellement par le biais du groupe The Sugarcubes. Le journaliste Alex Ross, qui lui consacre un portrait dans son projet Listen to This, raconte: «Le but était de parodier les platitudes vaguement dansantes qu’on faisait passer pour de la pop locale. Birthday, l’une des chansons de l’album, fit un tabac inattendu en Angleterre, au point d’assurer la célébrité mondiale du groupe en l’espace de quelques mois.» Au fil des ans, Björk aiguise ses convictions et elle prendra, dès les années 2000, des positions fortes. Parmi celles-ci, elle exhorte, sur scène, le Tibet et le Kosovo à déclarer leur indépendance, ce qui lui vaut d’être interdite de concert en Chine et en Serbie.

Muse de cinéma et égérie de mode

Björk s’est illustrée au-delà de la musique. Sa carrière cinématographique démarre en 1990, alors qu’elle tient le rôle principal dans le film islandais The Juniper Tree, et connaît un point culminant avec sa prestation dans Dancer in the Dark pour laquelle elle récoltera plusieurs honneurs, dont le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes en 2000. L’artiste développe un lien étroit avec le monde du cinéma et s’entoure de grands noms pour la réalisation de ses vidéoclips, tels Michel Gondry, à plusieurs reprises, Jean-Baptiste Mondino, Chris Cunningham et Spike Jonze. Son avant-gardisme et sa singularité inspireront également les grands noms de la mode. En 1997, son ami Alexander McQueen signe la direction artistique de l’album Homogenic et, entre autres, la création de la fameuse robe kimono qu'on aperçoit sur la pochette. Au cours de sa carrière, Björk portera bon nombre de tenues vertigineuses, parmi lesquelles on retiendra les robes en trois dimensions signées Iris van Herpen pour les albums Crystalline et Biophilia, ou encore la «robe-cygne» conçue par Marjan Pejoski et portée pendant le Festival de Cannes en 2001.

Là où l’on ne l’attend pas

Les collaborations de Björk avec des musiciens britanniques, américains, indiens, brésiliens, danois, turcs et inuits n’ont cessé d’élargir son champ d’horizon et de nourrir sa diversité musicale. Ainsi, Beck, Tricky, Wu-Tang Clan, Karlheinz Stockhausen, PJ Harvey, Madonna, Timbaland et Konono No.1 font partie des talents savamment choisis pour apporter leur pierre à l’édifice björkien. L’artiste islandaise a également ce talent de faire de chacune de ses apparitions un événement, en témoignent la scénographie et la direction artistique déroutantes de ses tournées. On se souviendra de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Athènes en 2004 et de la spectaculaire prestation pour la pièce Oceania, composée spécialement pour l’événement, qu’elle a interprétée vêtue d’une robe longue de 900 mètres.

Avant-gardisme et technologie

Influencée par la recherche, le travail et les œuvres du compositeur allemand Karlheinz Stockhausen, Björk a exploré les tendances les plus radicales de la musique contemporaine, n’hésitant pas à élaborer des rythmes fondés sur des enregistrements des ronflements de son grand-père ou des bruits de machines à pop-corn. Création d’instruments, réalité virtuelle, composition avec un iPad, applications, mapping… sa palette d’outils semble inépuisable. Björk a constamment intégré de nouvelles techniques et procédés avec cette particularité d’employer la technologie en y injectant une dose humanité. Biophilia sera l’album qui s’attache au plus près de cette pensée: un projet développé dans le but «d'explorer le fonctionnement du son, l'étendue infinie de l'univers, des systèmes planétaires aux structures atomiques», explique la chanteuse.

Texte et recherche par Morgane de Capèle

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