Si on interrogeait le mélomane montréalais type sur ses moments forts de l'année, parions que POP Montréal ferait partie du lot. Dorénavant un incontournable du circuit des festivals de la métropole, l'événement soufflait cette année ses quinze bougies. Force est de constater que, depuis sa fondation en 2002, POP a su conférer à Montréal une enviable réputation d'épicentre culturel, qui fait jaser bien au-delà des frontières du Mile-End.

C'est du 21 au 25 septembre derniers qu'avait lieu cette grande fête de la diversité musicale. En cinq jours donc, nous avons sillonné les rues de la ville, avons été confrontés à de nombreux choix, le tout en étant témoins de l'arrivée de l'automne. D'une année à l'autre, POP Montréal finit toujours par surprendre au moment où on s'y attend le moins. De bons concerts, nous en avons vu des masses, mais quelques éléments-clés se sont distingués et nous ont permis d'en apprendre plus sur cette recette déjà gagnante, comme en témoigne ce compte rendu en sept points. 

1. Les performances les plus épurées sont souvent les plus saisissantes
Jean-Michel Blais est d'une sensibilité mélodique désarmante. Jeudi dernier, sur les planches de la Fédération ukrainienne, le pianiste a donné rendez-vous au public festivalier afin d'interpréter les morceaux de son album Il, dont la justesse avait été remarquée par le jury du prix de musique Polaris lors de la sélection des quarante albums s'étant le plus démarqués en 2015. Seul sur scène, Blais nous a démontré toute l'étendue de son talent, nous obligeant à retenir notre souffle à plusieurs reprises avec ses exercices de haute voltige. Une performance certes absorbante, sans artifice, qui nous a permis d'entrer dans l'intimité de l'artiste à travers ses compositions qui en ont certainement fait vibrer plus d'un.

2. Se prévoir un horaire à la minute près n'est jamais une idée gagnante
C'est connu, POP Montréal regorge d'imprévus. On entend parler d'un artiste à voir absolument, on se prévoit plusieurs concerts à voir en l'espace de quelques heures, puis parfois, on doit se heurter à des salles dont la capacité maximale a déjà été atteinte. La clé, c'est de noter ces quelques événements auxquels on veut assister coûte que coûte, et de demeurer ouvert aux opportunités. Parce que POP c'est aussi la fusion entre valeurs sûres et découvertes.

3. Les quartiers POP, c'est aussi une kyrielle d'installations artistiques
À l'angle des rues Saint-Urbain et Sherbrooke trône un magnifique bâtiment qui fait office de quartier général du festival. Ancienne École des beaux-arts de Montréal, ce véritable labyrinthe sur plusieurs étages déborde de surprises. En ce sens, Art POP a encore une fois cette année mis le paquet en regroupant quelques-uns des artistes les plus intéressants du paysage contemporain actuel. Chaque jour, des visites guidées totalement gratuites étaient organisées, permettant aux festivaliers de s'immerger dans cette galerie improvisée. Nos coups de cœur? L'installation vidéo de Seth Bogart, l'œuvre in situ de Mitch Dixon ainsi que l'exposition de groupe Figuratively Full, entre autres.

4. Les activités gratuites abondent à POP Montréal
Est-il possible de popper gratuitement? Tout à fait. En plus du volet artistique susmentionné, le festival offre la possibilité de profiter de la programmation sans avoir à débourser une fortune. Avec POP Symposium, l'accès à de captivantes conférences et tables rondes devient possible pour tout un chacun, que celles-ci traitent de musique actuelle, de créativité ou d'intersectionnalité. Bon nombre de performances exceptionnelles et gratuites étaient également à l'horaire, notamment celles de Philémon Cimon et de La Bronze lors du BBQ Vitrine francophone, ou encore celle de Fred Fortin, spécialement organisée pour souligner les dix ans de Dare to Care Records. Finalement, mention spéciale aux Puces POP et à la Foire du disque où il fait toujours bon flâner, et qui en prime nous ont permis de dénicher quelques trouvailles pas piquées des vers!

5. The Kills n'ont vraiment rien perdu de leur fougue
C'est lors de la soirée d'ouverture du festival que le duo composé des bêtes de scène Alison Mosshart et Jamie Hince s'est produit devant un Métropolis bondé. Avec un récent album en poche (Ash & Ice, paru en juin dernier), la formation a offert à ses fans un sans-faute où se sont côtoyés passages aux sonorités punk et hymnes rock garage. Près de quinze ans après leurs débuts, on peut dire que, même si les Black Balloon et autres The Good Ones sont loin derrière, le groupe n'a rien à envier à ses jeunes successeurs de la scène musicale actuelle.

6. Le festival qui fait revivre les trésors oubliés de Montréal
En parcourant la programmation de POP, on constate rapidement l'ampleur de la chose. D'abord en raison des plus de 400 artistes en concert, mais aussi à cause des multiples salles de spectacles et institutions du patrimoine montréalais qui reprennent vie le temps d'un week-end. À commencer par les somptueuses églises de la métropole, dont celle située au coin de Saint-Viateur et Saint-Urbain, où la Foire du disque a maintenant pignon sur rue, ou encore l'église Saint-Denis, qui fait office de quartier général pour les Puces POP. À ces merveilles architecturales s'ajoutent des salles plutôt méconnues, trop rarement utilisées dans un contexte de festival: la Fédération ukrainienne, le Théâtre Rialto, de même que le toit d'Ubisoft.

7. Le nouvel album d'Angel Olsen sonne fichtrement bien en live
Parmi les concerts que nous ne voulions absolument pas manquer durant ces cinq jours, Angel Olsen se classait au sommet de la liste. Avec son nouvel album My Woman qui avait fait des étincelles chez une critique unanime et un public grandissant, la chanteuse américaine se devait de livrer la marchandise vendredi dernier. Et elle l'a livrée. Ce troisième album nous amène ailleurs, bien que pas tout à fait éloigné du matériel précédent. Une rupture de style est indéniablement créée lorsque l'artiste s'accompagne de synthétiseurs, laissant derrière elle ses racines folk americana. Au final, le même rock ardent subsiste, mais en empruntant une tangente plus affirmée, pour le plus grand plaisir du public.

Alors voilà, c'est tout pour l'édition 2016 de POP Montréal. Somme toute, une programmation foisonnante qui a donné lieu à des échanges passionnés et des moments fort agréables. Beau boulot POP, et on vous dit à l'an prochain!

About Laurianne Désormiers
She may be the baby of the team, but Laurianne has been working at the heart of the Phi Centre since the institution first opened in 2012. She describes herself as tall, ultra-curious and just a bit cheeky (but not mean). Her colleagues would agree, adding that she is also the team's young, connected and plugged-in "cool kid" (a title she more or less accepts); is afflicted with a severe case of FOMO; and equipped with a daunting critical mind. She's a fan of alternative music culture (she hosted a radio show on CISM for several years), independent film, and most of all, art–that which possesses the capacity to move and educate people while opening a window onto the world. As Content Manager, Laurianne brings her training in marketing and communications to the service of culture, through which she particularly enjoys contributing to the local and international exposure of artists.
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