Après un passage remarqué au Festival International de Jazz de Montréal il y a tout juste deux ans, le prolifique Omara Moctar alias Bombino est de retour dans la métropole pour nous présenter Azel, tout nouvel opus à paraître le 1er avril. Si Nomad, fresque aux pièces rock teintées d’airs célestes, nous avait conquis en 2013, Azel promet d’éblouir autant, sinon davantage, que son prédécesseur. Rencontre avec le guitariste prodige du désert.

Révélation africaine de la dernière décennie, Bombino a rapidement acquis le titre de guitar hero chez nos cousins des États-Unis, sans pour autant en arriver à un son dénaturé ou déraciné. À l’écoute, musique traditionnelle touarègue et rock s’apprivoisent pour en arriver à un résultat au magnétisme certain, derrière lequel s’inscrit un parcours à des années-lumière du conventionnel.

«J’ai appris la guitare lorsque j’étais en Algérie avec ma famille, ayant fui le Niger lors de la première rébellion touarègue, il y a presque dix ans de cela. La musique est devenue une sorte d’échappatoire pour moi, un moyen de m’évader de la réalité qui venait avec le statut de réfugié», nous raconte l’artiste. «Je m’imaginais sur de grandes scènes, comme mes idoles Jimmy Hendrix et Dire Straits. Pour moi, la musique était synonyme de liberté.»

Cette utopie a naturellement joué un rôle de catalyseur pour le musicien, influencé par le rock occidental classique, remanié pour donner naissance à ce que plusieurs qualifient de blues du désert. Ces hymnes nomades, cet ADN musical sui generis façonné par le virtuose des dunes existe par passion, mais surtout éminemment par nécessité.

«Il est clair que la musique joue un rôle vital au cœur mon existence. Tout ce que je considère, mis à part ma famille, est arrivé grâce à la musique, qui fait maintenant partie intégrante de mon quotidien. J’éprouve le sentiment que mes redevances sont grandes envers la nature, qui m’a pourvu de cette habileté, de ce don.» En entretenant une relation si personnelle avec la musique, une impression de communion, de synergie se dégage de l’artiste lorsqu’il se retrouve sur scène. En synergie avec son art, avec le public, et peut-être bien avec tout ce qui croise son chemin.

Et, des chemins, il en a emprunté plusieurs au cours des dernières années. Plusieurs routes, plusieurs rencontres, dont une toute particulière avec un certain Dave Longstreth. Du jour au lendemain, le membre des Dirty Projectors devenait collaborateur-clé pour les pièces se retrouvant sur Azel. «Un matin, mon manager m’a téléphoné en me disant ‘‘J’ai trouvé le producteur de ton prochain album’’, ça s’est fait en un claquement de doigts, et je dois dire que l’enregistrement a été un moment formidable.»

Cet album, cinquième effort studio du musicien, se veut une suite logique à l’évolution artistique de l’artiste: «La principale différence avec ce que nous avons fait dans le passé, c’est que notre son est plus accompli. Nous exploitons aussi de nouvelles sonorités, dont ce que nous appelons le ‘‘Tuareggae’’, un mélange de rythmes traditionnels touaregs et de reggae. Il s’agit d’un style que nous avions effleuré lors de nos concerts, alors il était tout naturel pour nous de l’utiliser sur Azel.» Pour les curieux, un aperçu des coulisses de l’enregistrement de l’album, au studio Applehead à Woodstock:

Storyteller avant d’être musicien, c’est sur scène que l’art de Bombino prend réellement tout son sens. «Je pense que quiconque me connaît bien sait que je suis un artiste qui se doit de performer devant une foule. Le studio, j’aime bien, mais, à mon avis, il n’y a rien de comparable au sentiment qui m’habite lors d’un concert; ressentir la musique, danser au rythme des mélodies, faire vivre une expérience et partager l’énergie avec le public…» Voilà qui donne le ton à un spectacle qui s’annonce enlevant.

Puis, juste au cas où vous hésitiez encore, l’artiste conclut candidement: «Généralement, le public semble particulièrement apprécier ce que nous leur transmettons en concert. J’ai été témoin de bon nombre de foules réjouies à Montréal. J’ai confiance que l’expérience se renouvellera le 23 mars!»

About Laurianne Désormiers
She may be the baby of the team, but Laurianne has been working at the heart of the Phi Centre since the institution first opened in 2012. She describes herself as tall, ultra-curious and just a bit cheeky (but not mean). Her colleagues would agree, adding that she is also the team's young, connected and plugged-in "cool kid" (a title she more or less accepts); is afflicted with a severe case of FOMO; and equipped with a daunting critical mind. She's a fan of alternative music culture (she hosted a radio show on CISM for several years), independent film, and most of all, art–that which possesses the capacity to move and educate people while opening a window onto the world. As Content Manager, Laurianne brings her training in marketing and communications to the service of culture, through which she particularly enjoys contributing to the local and international exposure of artists.

Do you love arts and culture?

Stay in the know with our newsletter.

I am interested in receiving the Phi Centre newsletter which may include news, updates and promotional offers. I understand that with just one click, I can unsubscribe at any time.