Ce mois-ci, l’équipe du Centre Phi s’est lancé le défi d’explorer quelques-uns des espaces montréalais où l’art contemporain s’expose. Situés dans le Vieux-Montréal, dans Griffintown et au centre-ville, ces lieux s’intéressent à différentes formes d’expression artistique — de la performance à la sculpture, en passant par la photographie et l’installation vidéo — et promettent au visiteur une expérience tout sauf banale.

(voir la liste complète sur Google Maps)

Arsenal Montréal
Jon Rafman

À l’automne dernier, nous avions été fascinés par l’exposition de Jon Rafman au Musée d’art contemporain de Montréal. Ici, l’artiste montréalais continue non seulement de remettre en question notre rapport à la technologie, au Web et à la consommation, mais nous amène aussi dans les méandres d’un labyrinthe grandeur nature et, grâce à la réalité virtuelle, dans une dimension parallèle. Avec cette exposition, Rafman explore des thématiques résolument contemporaines et pose un regard critique, voire caustique, sur notre monde actuel. Jusqu’au 15 octobre.

P.-S. – L’Arsenal présente aussi I feel we think bad, une exposition de groupe d’Ed Fornieles, Hannah Perry et Matt Goerzen.

Galerie Division
Raque Ford, Tiziana La Melia, Maryse Larivière, Athena Papadopoulos, Megan Rooney
A Pool is Water

Saviez-vous qu’une galerie ultra sympathique se cache au deuxième étage de l’édifice abritant l’Arsenal? Lors de notre visite, on y a découvert A Pool is Water, une exposition qui remet la poésie au goût du jour par les mots, oui, mais aussi par la peinture, le dessin et la sculpture. Le travail de Megan Rooney, artiste et poète originaire de Toronto (désormais basée à Londres), a décidément piqué notre curiosité. Ne manquez pas de jeter un coup d’œil à la version en ligne de Tilia americana, un projet originalement créé pour Opening Times – Digital Art Commissions, un organisme britannique sans but lucratif dédié à l’art numérique, qui avait été présenté sous forme de performance lors du vernissage en juillet dernier. Jusqu’au 10 septembre.

P.-S. – Le Centre Phi présente un court métrage de Tiziana La Melia le 26 août prochain dans le cadre de Transmission II, un événement présenté par DHC/ART Fondation pour l’art contemporain qui s’inscrit dans la série Affinités.

galerie antoine ertaskiran
Numa Amun, Marielle Blanc, Anthony Burnham, Angela de la Cruz, Lizzie Fitch/Ryan Trecartin, Eva Kot’átková, Derek Sullivan
Festina lente

L’expression Festina lente se traduit par «hâte-toi lentement». Intéressante prémisse. Campée dans un ancien entrepôt, au cœur du quartier Griffintown, Festina lente dévoile la collection personnelle de Gradiva, un personnage mythique né sous la plume de Wilhelm Jensen au début du siècle dernier et qui, depuis, a inspiré les plus grands: de Freud à Roland Barthes, en passant par Salvador Dalí. Sur le site Web de la galerie, la commissaire Ji-Yoon Han explique ce à quoi le visiteur peut s’attendre de manière éloquente: «C’est au prisme de cet adage latin que la présente exposition interroge notre relation à l’art, la manière dont celui-ci déclenche nos désirs, nous émeut, nous met en mouvement et trouble notre regard.» Jusqu’au 13 août.

Fonderie Darling
Ulla von Brandenburg
It Has a Golden Orange Sun and an Elderly Blue Moon
Catherine Lescarbeau
Le département des plantes

Cet été, nos voisins de la Fonderie Darling présentent It Has a Golden Orange Sun and an Elderly Blue Moon, la première exposition solo de Ulla von Brandenburg au Canada, et Le département des plantes, une exploration botanique signée Catherine Lescarbeau. Dans la première salle, le visiteur se surprend à porter un regard nouveau sur le rôle de la plante d’intérieur, celle-là même qu’on retrouve sur un coin de bureau, qu’on pose dans un nouvel appartement, et qui a comme mission inavouée d’aider son propriétaire à s’approprier un espace. Et puis, en pénétrant dans la majestueuse salle principale, c’est un immense escalier, une installation conçue in situ par l’artiste, qui nous accueille. Que symbolise cet escalier? Que se cache-t-il de l’autre côté? Jusqu’au 21 août.

P.-S. – Si vous passez en soirée (la Fonderie Darling est ouverte jusqu’à 22h les jeudis), pensez à observer l’installation extérieure Sans titre (enseignes pour une émeute) d’Antoine Nessi.

Centre Phi

Lors de votre prochaine visite chez nous, portez une attention particulière aux œuvres que vous croiserez sur les différents étages. Au rez-de-chaussée, vous verrez, dès votre entrée dans l’édifice, une sculpture de Marc Quinn (The Road to Enlightenment, 2006) ainsi que des photographies signées Richard Mosse (Invasive Exotics, 2014) et Jenny Holzer (I run, 2006). Ensuite, au sous-sol et au deuxième étage, vous y apercevrez des œuvres de Rafael Lozano-Hemmer (Bifucation (Shadow Object 2), 2012), de Michal Rovner (Hitlakdut, 2006), des frères Jake et Dinos Chapman (I felt insecure, 2008) et de Taryn Simon (Hibernating black bear and cubs, bear den, Monongahela National Forest, West Virginia (Série/Series “An American Index of the Hidden and Unfamiliar”, 2007). Et si votre visite vous mène sur les autres étages (selon la programmation, l’accès peut être restreint), ouvrez l’œil!

DHC/ART Fondation pour l’art contemporain
Joan Jonas
From Away

Nichée dans le Vieux-Montréal, DHC/ART Fondation pour l’art contemporain fait partie des incontournables des passionnés d’art contemporain depuis bientôt dix ans. Avec From Away de Joan Jonas, la Fondation propose un véritable voyage à travers les années au cours duquel on découvre les œuvres marquantes de cette pionnière de la performance et du multimédia. Au chapitre des musts, impossible de ne pas être ému par They Come to Us without a Word, une œuvre présentée en 2015 au Pavillon des États-Unis lors de la 56e édition de la Biennale de Venise. Aussi, l’exposition n’aurait pas été la même sans l’apport de Barbara Clausen, commissaire indépendante et professeure au département d’histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal, qui s’intéresse à la pratique de Jonas depuis de nombreuses années (on vous invite d’ailleurs à visionner la conférence filmée au printemps dernier). Jusqu’au 18 septembre.

P.-S. – L’entrée est toujours gratuite et si vous planifiez votre visite en semaine, pensez à assister à l’une des visites guidées du midi (aussi gratuite).

Musée d’art contemporain de Montréal
Ryan Trecartin/Lizzie Fitch
Priority Innfield

Jusqu’au 5 septembre prochain, le MAC propose une immersion complète dans l’univers déjanté de Lizzie Fitch et Ryan Trecartin. L’installation vidéographique Priority Innfield fait écho à la réflexion de Jon Rafman; la technologie bouleverse les codes et redéfinit la représentation de soi. Quant au Web, il devient le théâtre de tous les excès. On y visite quatre tableaux où les scènes et les personnages déstabilisent et nous apparaissent sous un jour bien étrange. Est-ce que le duo a une vision du futur nihiliste… ou tout simplement réaliste? La question est lancée.

P.-S. 1 – L’installation a été produite et présentée à la 55e Biennale de Venise en 2013 et le MAC la présente en première nord-américaine.

P.-S. 2 – Il faut aussi absolument faire un tour du côté d’Habitude, l’exposition de la sculpteure canadienne Liz Magor, qui réunit des œuvres des 40 dernières années.

Galerie Trois Points
Olga Chagaoutdinova, Stéphanie De Couto Costa, Olivia Mc Gilchrist, Dominique Sirois, Mégane Voghell
Harder, Better, Faster

On vous emmène ensuite du côté du Belgo qui héberge, en plein cœur du Quartier des spectacles, pas moins de 25 galeries. Pour encore quelques semaines, la Galerie Trois Points offre une vitrine toute particulière à la pratique de cinq femmes avec Harder, Better, Faster. Dans cette exposition collective, la femme ainsi que ses multiples visages est à l’honneur. On apprécie notamment la sensibilité avec laquelle Olga Chagaoutdinova nous transporte dans une prison de l’Extrême-Orient ou encore la justesse avec laquelle Mégane Voghell aborde l’impact de la technologie sur la psychologie féminine. Jusqu’au 20 août.

P.-S. – Si le rapport à l’image vous intéresse, l’équipe de DHC/ART Éducation propose une réflexion sur la question dans Narcissisme en représentation: du 19e siècle à aujourd’hui, un billet rédigé dans le cadre de Sensory Stories: donner corps au récit à l’ère numérique.

Enfin, bien qu’ils n’aient pas d’exposition en cours au moment de publier ce billet (pause estivale oblige), le 1700 LA POSTE, l’Espace Cercle CarréSBC galerie d’art contemporain, le Centre des arts actuels Skol, OBORO et VOX — Centre de l’image contemporaine font aussi partie des lieux que nous conservons sur notre radar.

Et promis, lors de notre prochaine virée, on s’éloignera du centre-ville pour visiter d’autres quartiers et d’autres lieux de diffusion.

 

Crédits photo:

Arsenal Montréal:
Jon Rafman, 2016 © Richard-Max Tremblay

Galerie Division:
Megan Rooney, Ding dong in the mirror, 2016 © Paul Litherland

galerie antoine ertaskiran
Festina lente, 2016 © Paul Litherland

Fonderie Darling
Catherine Lescarbeau, Le Département des plantes, 2016 © Maxime Boisvert

Centre Phi
Marc Quinn, The Road to Enlightenment, 2006 © James Prior et Thomas Kneubühler

DHC/ART Fondation pour l’art contemporain
Joan Jonas, They Come to Us without a Word (Wind), 2015 © Richard-Max Tremblay

Musée d’art contemporain de Montréal
Ryan Trecartin, CENTER JENNY, 2013Avec l’aimable permission de Regen Projects, Los Angeles, et Andrea Rosen Gallery, New York © Ryan Trecartin

Galerie Trois Points
Harder, Better, Faster, 2016 © Eve Roy

About Centre Phi
The Phi Centre is a versatile space with venues that adapt to accommodate the event at hand: launches, conferences, seminars, screenings, exhibitions, concerts, performances, interactive installations. It has creative studios and production suites equipped with the latest technology for all artistic needs. It’s a multifunctional centre where art can express itself in its various forms. It’s a space where people can exchange, learn, discover, launch, shoot, record, and more.
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