Bridges of Sarajevo

Notre commissaire cinéma Danny Lennon nous raconte comment les films du mois de novembre ont su conquérir sa tête et son cœur de cinéphile.

Amorcée en septembre, la collaboration entre le Centre Phi et le Musée des beaux-arts de Montréal se poursuit, alors que le Centre Phi regagne également ses locaux. Danny Lennon se réjouit de ce double terrain de jeu qui lui permet de partager ses perles et trouvailles avec un auditoire encore plus vaste: «Notre entente avec le MBAM nous réserve plein de belles choses pour la prochaine année. Ce mois-ci, notre programmation cinéma se déroule aux deux endroits et braque les projecteurs sur des films très justes qui se distinguent tant par leur forme que leur propos. En évitant habilement les clichés, ils abordent des sujets qui nous interpellent tous: démons intérieurs, reconstruction, espoir… Il suffit d’ouvrir nos œillères et de se laisser aller!»

Manchester by the Sea
«Plutôt classique dans sa forme, Manchester by the Sea relate l’histoire d’un homme qui revient chez lui afin de prendre soin de son neveu adolescent après la mort de son frère. Ce drame générationnel de Kenneth Lonergan est probablement un des meilleurs films de l’année. Il faut absolument le voir pour comprendre. Il a fait sensation au Festival de Sundance et Casey Affleck a un très beau buzz pour la prochaine cérémonie des Oscars. C’est un gros coup de cœur, un film raz-de-marée qui chamboule tout sur son passage. Je suis pas mal fier qu’il fasse un arrêt au Centre Phi!» Mettant également en vedette Michelle Williams, Manchester by the Sea sera à l'affiche le 22 novembre.

Dancer
«Je ne suis vraiment pas expert en danse classique, mais j’ai quand même tripé de voir le parcours de ce gars, Sergei Polunin, un génie de la discipline. Dancer est loin du portrait prétentieux et complaisant. On ne glorifie pas Sergei Polunin, on ne le présente pas comme un surhomme lisse et ambitieux. On montre au contraire ses démons, ses failles, ses doutes... En ce sens, le documentaire de Steven Cantor rend parfaitement justice à son sujet. La danse devient un prétexte: Sergei Polunin aurait aussi bien pu être un joueur de hockey, un footballeur, un artiste peintre… Les médias en ont fait la figure rebelle du ballet classique, mais au final Sergei Polunin est juste un kid qui veut avoir du fun, comme tous les autres. Il s’est fait embarquer très jeune dans le moule rigide de la danse, un milieu où il faut être carré et beige, et, un jour, les fils se sont touchés. Le documentaire culmine avec la fameuse vidéo où il danse sur Take Me To Church de Hozier et où le voit exorciser ses démons dans une chapelle. On a juste le goût de lui donner un hug!» Dancer est présenté au Musée des beaux-arts de Montréal le 25 novembre.

Bridges of Sarajevo
«J’ai eu la chance de visiter Sarajevo. Il suffit de se promener dans la ville pour constater les cicatrices de son histoire atroce, une histoire faite de conflits où les gens d’une même communauté, d’une même famille, se déchiraient entre eux. On voit encore les décombres, le trou des balles... Sans renier le passé, Bridges of Sarajevo veut mettre l’accent sur le beau, sur l’avenir. Ce film-hommage rassemble ainsi treize créateurs de renom qui ont accepté de raconter leur admiration pour cette ville fascinante. En présentant treize points de vue différents mais complémentaires, Bridges of Sarajevo offre un portrait très juste, loin du documentaire mélodramatique. C’est plutôt une lettre d’amour remplie d’optimisme. Je suis persuadé que le public montréalais y réagira avec beaucoup d’enthousiasme. C’est un documentaire qui est en plein dans nos cordes et je suis vraiment heureux que le Centre Phi le présente pour la première fois au Québec.» Trois occasions de découvrir cette première québécoise, du 28 au 30 novembre.

Propos recueillis par Julie Champagne
Crédit photo: Indie Sales (couverture)

 

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