Crédit photo: Jérôme Sessini/MAGNUM Photos/Red Bull Content Pool

Si l’on dressait une liste des événements rassembleurs (de Transmediale à la Love Parade), des salles de spectacle mythiques (de Berghain jusqu’à Watergate) et des ingénieux producteurs (Paul Kalkbrenner et autres Ellen Allien) ayant contribué à l’essor de Berlin en tant que plaque tournante de l’électronique, il serait assez incohérent d’omettre la Red Bull Music Academy.

Initiée dans la capitale allemande en 1998, après que le journaliste musical Torsten Schmidt et l’organisateur de soirées Many Ameri se soient alliés à Red Bull (à l’époque déjà associée aux sports extrêmes et à la culture skate), la Red Bull Music Academy s’est rapidement imposée en tant qu’incontournable rendez-vous annuel sur l’échiquier électronique mondial.

Depuis près de vingt ans déjà, l’organisation sillonne les grandes villes de la planète afin d’encourager la relève musicale, de favoriser la découverte de sonorités nouvelles et de rendre possibles les échanges d’idées entre talents émergents et sommités du milieu. De Cape Town à São Paulo en passant par Melbourne, Tokyo et New York, la RBMA célèbre le riche patrimoine local de chaque ville qu’elle investit, tout en offrant un véritable tremplin à une cohorte internationale de jeunes beatmakers. Montréal sera la 18e ville hôte de la RBMA cet automne – un premier passage de l’académie au pays depuis l’édition de 2007 à Toronto.

Les bases de l’Academy

Chaque année, le rassemblement de la RBMA se tient dans une nouvelle ville hôte, qui accueille cinq semaines plus que chargées d’ateliers collaboratifs, de prestations improvisées, de conférences avec invités émérites et de sessions d’enregistrement jusqu'au petit matin. Parmi les milliers de candidatures reçues à la maison mère de Cologne, en Allemagne, l’équipe jette son dévolu sur environ 70 participants – beatmakers, chanteurs, producteurs, DJ et multi-instrumentistes d’horizons variés.

La recette éprouvée de la RBMA est fréquemment encensée pour sa vocation éducative: on encourage le dialogue intergénérationnel, les participants ayant la chance de rencontrer des artistes légendaires qui ont laissé leur marque dans l’univers musical. Au fil des ans, des conférenciers de très haut calibre (pensons notamment à Gilberto Gil, Erykah Badu, RZA, James Murphy, Giorgio Moroder, M.I.A. et Bob Moog) ont alimenté des discussions de haute volée dans un ancien théâtre du 3e arrondissement de Paris ou encore dans un bijou architectural du quartier Aoyama à Tokyo. Toujours dans l’optique de repousser les limites de la création et d’aborder de front des enjeux actuels propres à la culture électronique, l’académie déploie ses tentacules d’un bout à l’autre de la ville hôte.

Hudson Mohawke, RBMA Paris, 2015 –Crédit photo: Dan Wilton/Red Bull Content Pool

Les illustres ex-académiciens

Depuis ses débuts, la RBMA a vu un nombre important de ses «gradués» faire leurs preuves en obtenant un succès critique ou commercial, devenant ainsi à leur tour des mentors pour une nouvelle génération d’élèves. Parmi eux, citons le prolifique beatmaker jazz psychédélique Flying Lotus, qui endisquait sur l’éminent label Warp avant de fonder sa propre étiquette Brainfeeder (RBMA Melbourne, 2006); l’instigateur britannique d’un grime réinventé, Mumdance (RBMA Tokyo, 2014); Hudson Mohawke, producteur écossais ayant bossé pour Kanye West et collaboré avec le Montréalais Lunice sur TNGHT (RBMA Toronto, 2007); l’auteur-compositeur néo-soul Aloe Blacc, qui a lancé sa carrière avec le hit I Need A Dollar (RBMA Melbourne, 2006); et la productrice russe de house que tous les festivals s’arrachent, Nina Kraviz (RBMA Melbourne, 2006).

Ajoutons à cette liste une flopée de talents locaux et made in Canada, tels que le producteur Lunice, qui a bossé avec Kanye West et Azealia Banks et qui a accompagné Madonna en tournée (RBMA Londres, 2010) et le héros local Poirier, un pionnier du nightlife montréalais aussi à l’aise dans la soca tropicale déjantée que l’IDM pointue et minimale (RBMA Londres, 2010). Xavier León (membre de Sibian & Faun), Sinjin Hawke, Ango, Ekali, Exeter et HomeSick figurent également parmi les finissants canadiens des précédentes éditions de la RBMA.

River Tiber – Crédit photo: Koury Angelo/Red Bull Sound Select Content Pool

Les Canadiens à garder dans notre ligne de mire

Cette année, parmi les 70 artistes de 38 pays qui s’empareront du Centre Phi du 24 septembre au 28 octobre, cinq sont Canadiens. Tout d’abord, River Tiber, un chanteur et beatmaker fort prometteur qui viendra compléter une session déjà entamée à Paris l’an dernier – une édition RBMA écourtée à la suite des attentats dans la capitale française. Le savant mélange de R&B et de bass music de River Tiber a déjà été échantillonné par Drake, et le Torontois a également récemment collaboré avec BADBADNOTGOOD et Kaytranada.

Également natif de la ville reine, le pianiste de formation classique Casey MQ a été auteur-compositeur-interprète en résidence au Centre canadien du film, alors qu’il peaufinait la soul mélancolique et les grooves downtempo de son groupe Unbuttoned.

Le batteur de formation Angus Tarnawsky, qui partage son temps entre Vancouver et New York, démontrera l’étendue de son talent aux synthés et aux percussions avec son électro instrumentale un brin apocalyptique.

Sayge, multi-instrumentiste ontarien au registre plus qu’impressionnant, a endisqué sous plusieurs pseudonymes avant de se concentrer sur ce projet, qui s’inscrit dans la vague très actuelle et joliment hybride de future bass et de R&B.

Finalement, pour donner vie à ses compositions de minimal wave tantôt méditatives, tantôt incisives, la productrice et chanteuse montréalaise Marie Davidson fait appel à un arsenal ahurissant d’outils analogiques. Cette habituée de MUTEK multiplie les collaborations, notamment dans le cadre des projets Essaie Pas, Les Momies de Palerme et DKMD.

Les événements ouverts au public

Le public montréalais pourra notamment découvrir ces nouvelles recrues alors qu’elles mettront en pratique leurs acquis dans le cadre de showcases présentés un peu partout en ville. La programmation ouverte au public comprend également une conversation avec Iggy Pop, une prestation conjointe de Fucked Up et Tanya Tagaq, une soirée hommage au label canadien 1080p, un concert collaboratif de Chilly Gonzales, un spectacle de Tiga, deux soirées avec Björk aux platines… Mentionnons aussi la tenue de l'exposition Björk Digital, une présentation de Phi et de la RBMA, en collaboration avec DHC/ART. Procurez-vous vos billets pour l'exposition avant le 30 septembre pour profiter du tarif réduit.

Bon RBMA Montréal!

About Centre Phi
The Phi Centre is a versatile space with venues that adapt to accommodate the event at hand: launches, conferences, seminars, screenings, exhibitions, concerts, performances, interactive installations. It has creative studios and production suites equipped with the latest technology for all artistic needs. It’s a multifunctional centre where art can express itself in its various forms. It’s a space where people can exchange, learn, discover, launch, shoot, record, and more.
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