Membre fondateur des formations Men’O’Steel et Pawa Up First, directeur de tournée, technicien de son et directeur de la compagnie de production Pivot Événements, Mathieu Pontbriand est également à la barre du festival en forêt La Grosse Lanterne, événement qui se déroule depuis maintenant quatre ans aux abords de la magnifique rivière Noire à Béthanie. Celui qui se nourrit de sa passion musicale depuis l’adolescence multiplie toujours les projets avec la même flamme. Entrevue avec l’entrepreneur touche-à-tout.

D’abord, parle-nous un peu de ton parcours. Qu’est-ce qui t’a attiré vers les festivals?
J’ai toujours été un passionné de musique. En 92-93, je m’impliquais beaucoup dans les activités parascolaires de mon école secondaire afin d’apprendre les rudiments du son et de l’éclairage. À l’époque, mon Dieu que j’étais impressionné par le show de fin d’année Agora Rock! Ça m’allumait de voir ces jeunes-là avec leur guitare! Dès que j’en ai eu l’occasion, j’ai suivi des cours de guitare classique et je me suis parti un band punk rock avec mes amis, Men’O’Steel. À 17 ans, j’ai commencé à travailler pour le promoteur Donald K. Donald, notamment au festival Edgefest. Je faisais partie de l’équipe technique, et c’est là que j’ai compris que c’est sur le terrain qu’on en apprend le plus. Après ça, j’ai travaillé à la pige comme directeur de tournée pendant plus de 10 ans, puis j’ai accepté une offre de travail à temps plein au festival Juste pour rire en 2008.

Par la suite, qu’est-ce qui t’a mené à fonder La Grosse Lanterne?
Durant mes années de pige, je me suis largement promené à travers les festivals, notamment en accompagnant Isabelle Boulay et Daniel Bélanger. J’avais cette envie-là un peu nébuleuse de proposer quelque chose de différent. Étant un amoureux de la nature, j’ai voulu mettre en place un festival en forêt avec du camping, qui mettrait de l’avant des valeurs environnementales et des produits locaux. Bref, j’ai voulu traduire mes valeurs dans un festival qui me ressemble. L’aspect éclairage m’interpellait aussi. J’avais été très emballé par le parcours nocturne Foresta Lumina de Moment Factory, et je voulais moi aussi miser sur une ambiance visuelle particulière.

Quel est ton meilleur souvenir de festival en dehors de ceux pour lesquels tu as travaillé récemment?
Mes premiers Vans Warped Tour sont assez mémorables. À l’époque, c’était nouveau de voir des centaines de caravanes débarquer en un seul et même endroit pour une journée. Il fallait gérer plein de stages en même temps, et j’aimais bien ce côté tout croche, un peu chaotique. En plus de travailler dans l’équipe de production, j’ai eu la chance de jouer là avec mon band en début d’après-midi.

On a cette impression que les acteurs du milieu des festivals sont des mélomanes indéfectibles qui ne comptent pas les heures de travail. Est-ce ton cas?
Oui, vraiment. Mon travail, c’est ma vie. Avec La Grosse Lanterne, je n’ai pas encore eu de retour financier, mais ça ne m’empêche pas d’y mettre beaucoup d’efforts. Je trouve que la vibe de ce festival est parfaite, tout simplement. Que ce soit de la part des techniciens ou des gens de production, on sent que c’est un travail qui vient du cœur. Ils sont prêts à accepter un salaire moindre car ils ont le goût que ça se passe. J’ai très hâte aux prochains jours, car on va tous mettre la main à la pâte pour construire le site. L’ambiance est quasiment aux vacances: on se fait des feux, des bonnes bouffes…

Dans ton métier, quels sont les principaux défis auxquels tu as dû faire face dans les dernières années?
Surtout des défis d’ordre financier. Ce n’est pas si facile que ça de faire connaître le festival. On dirait même qu’il y a plus de monde qui connaisse La Grosse Lanterne à Montréal que dans la région de Béthanie et des environs. Le pari, c’est de leur faire comprendre qu’il y a quelque d’intéressant à voir juste à côté de chez eux. Sinon, l’an dernier, il y a eu beaucoup de pluie, et ça nous a vraiment rentré dedans. Il y a des festivaliers très warriors qui ont fêté comme s’il n’y avait pas de lendemain, mais d’autres étaient très découragés. Je n’ai jamais vu autant de pluie lors d’un spectacle extérieur de toute ma carrière. C’était le déluge! Mais je crois qu’on est ressortis forts de ça, même si ça a fait mal financièrement.

Au-delà des festivals, qu’est-ce qui t’emballe actuellement dans l’industrie musicale québécoise?
Au Québec, l’industrie musicale, c’est une grosse famille, et tout le monde se retrouve dans les mêmes événements les mêmes galas. C’est une grosse gang qui se donne des tapes dans le dos, mais à côté, il y aussi plein d’oubliés. J’aime ces artistes plus discrets et mystérieux, qui se tiennent à l’écart, en marge de l’industrie. L’exemple type c’est certainement Godspeed You! Black Emperor, mais plus récemment, il y a Timber Timbre. Ils font des shows partout dans le monde, mais ici, ils ne sont pas si connus.

À l’inverse, qu’est-ce qui te dérange de cette industrie?
Les radios commerciales. Le ratio musique/blabla et jokes plates est de 70/30, ce que je ne comprends pas du tout. Avec l’avènement de la radio satellite et des podcasts, je me demande à quoi ils réfléchissent, les gens à la tête de ces radios-là. Ce sont eux qui mènent en partie notre industrie… Je trouve ça complètement fou.

En terminant, quels sont les incontournables de la programmation 2017 de La Grosse Lanterne?
Andy Shauf, j’ai vraiment hâte de le voir. D’emblée, je ne le connaissais pas, et je suis allé l’écouter et j’ai tout de suite été emballé. Ensuite, il y a The Franklin Electric et Charlotte Cardin. À ce qu’on m’a dit, ils donnent tout un show. J’ai aussi un faible pour le Migration Soundsystem de Poirier. Je trouve ça très cool le côté world de sa musique. Avec les danseuses africaines sur scène, je suis certain que ça va vraiment lever.

La Grosse Lanterne – du 28 au 30 juillet à Béthanie
Présentation de courts métrages programmés par le Centre Phi – le 28 juillet, au coucher du soleil.

Par Olivier Boisvert-Magnen
Crédit photo: La Grosse Lanterne 

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