Conditions météo peu favorables, un nouveau site qui ne faisait pas tout à fait l’unanimité, multiples annulations de performances… Il n’y a pas à dire, les festivaliers allaient être mis à rude épreuve pour cette douzième édition d’Osheaga. Or, dès notre arrivée sur une Île Notre-Dame tapissée de gazon synthétique pour l’occasion, nous avons compris que l’expérience osheagienne était là pour rester, les amateurs de musique s’étant rassemblés par milliers pour accueillir la prometteuse cuvée de 2017. C’est donc vêtu de nos ponchos multicolores que nous nous sommes prêtés au jeu, zigzagant d’une scène à l’autre, en quête de bons beats et de découvertes. Retour sur les rendez-vous qui ont retenu notre attention.

Sampha, la révélation soul
Lors de son passage dans la métropole l’automne dernier à l’occasion de la Red Bull Music Academy, l’artiste britannique en avait charmé plus d’un, et non sans raison. Énigmatique et doté d’une présence scénique déstabilisante, Sampha a livré une performance sans faille vendredi, devant un public qui se remettait tout juste d’averses ayant causé quelques perturbations à l'horaire de la journée. Enchaînant les pièces de Process, son album en lice pour le prestigieux prix Mercury, le musicien a rapidement pris ses aises et conquis la foule avec les excellentes (No One Knows Me) Like the Piano et Plastic 100°C, pour conclure avec le single Blood On Me. Un cinq étoiles bien mérité.

Maggie Rogers: plus qu'un succès viral
Cela faisait plusieurs mois que la jeune auteure-compositrice-interprète était sur notre radar. En juillet 2016, le producteur et chanteur Pharrell Williams l’avait découverte lors d’une visite-surprise à l'Université de New York, où la musicienne étudiait à l’époque. Quelques clics pour tard, le nom de Maggie Rogers était sur toutes les lèvres, la pièce Alaska ayant fait son effet sur YouTube. Voilà pour la petite histoire. Un an plus tard, l’artiste de 23 ans était attendue de pied ferme par un noyau d’admirateurs aguerris. Loin de correspondre à l'image de la one hit wonder, Rogers a su défendre son titre avec brio, émue de pouvoir partager la (courte) liste de pièces se retrouvant sur son EP Now That the Light Is Fading. Bien joué!

Doublé efficace: CRi + River Tiber
La journée du samedi débutait en force avec un tandem électronique tout en puissance, proposition idéale pour apprivoiser le fameux plancher de danse flottant de la scène de l’Île. CRi, qui ne cesse d’épater depuis le lancement de son EP Tell Her chez nous, était accompagné de ses acolytes, la productrice Ouri et le musicien Jesse Mac Cormack. Si la foule était plutôt clairsemée en ce début de journée, il n'a fallu qu’une dizaine de minutes avant que les curieux affluent et se massent devant la scène, séduits par la future bass du producteur originaire de Québec.

Porte-étendard de la scène musicale torontoise actuelle, Tommy Paxton-Beesley alias River Tiber affiche une feuille de route étonnante pour sa jeune carrière. En plus d’avoir collaboré avec Kaytranada, BADBADNOTGOOD et Daniel Caesar, le producteur et chanteur faisait partie des cinq Canadiens de la cuvée 2016 de la Red Bull Music Academy. En live, on a eu droit à un mélange de R&B alternatif et de pop qui nous a bien dégourdis. L’élément manquant pour une note parfaite? La présence de Charlotte Day Wilson, qui a récemment enregistré plusieurs pièces avec River Tiber.

Jain: à l’aube de la conquête nord-américaine
Ayant fait sensation en France suite à la sortie de son premier opus Zanaka, la Toulousienne Jain fait de plus en plus couler d’encre sur le continent américain. Après un triomphe à la cérémonie des Victoires de la musique et une tournée avec Christine and the Queens, l’artiste était de la programmation du festival Osheaga, pour le 200e concert de sa tournée. Sa musique électro-pop-world a eu l’effet d’une bombe sur le public, attirant beaucoup d’enthousiastes sur le parterre. Seule sur la gigantesque scène de la Montagne, l’artiste n’a pas manqué de nous transmettre son énergie contagieuse, dose de vitamine C fortement appréciée après la journée pluvieuse de la veille. À quand un retour à Montréal?

Fritz Kalkbrenner
Le producteur, chanteur et compositeur berlinois Fritz Kalkbrenner figure très haut sur notre liste de coups de cœur pour cette douzième édition du festival. Son quatrième album solo, Grand Départ, l’a rapidement positionné comme un des piliers de la scène électronique européenne, arrangements splendidement composés et paysages sonores hypnotisants obligent. En live, force est de constater que la recette est tout aussi réussie, la deep house de Kalkbrenner ayant convaincu une foule impressionnante de se déhancher sur le parterre de la scène de l’Île. Et quoi de mieux qu'un somptueux coucher de soleil pour contribuer à rendre ce moment encore plus magique?

Début de journée planant avec Whitney
La journée de dimanche s'annonçait sportive: beaucoup de groupes intéressants à voir, peu de temps de repos entre les concerts. Pour amorcer ce parcours, une touche d'indie rock aux accents folk et country était la bienvenue. Whitney, formation menée par le chanteur et batteur Julien Ehrlich (anciennement de Smith Westerns et Unknown Mortal Orchestra) a tout pour captiver avec ses mélodies riches, qui témoignent d'une maturité empreinte de nostalgie. Sur la scène de la Vallée, trompettes, guitares et violons se sont habilement côtoyés pour nous offrir un spectacle fort appréciable. Mention spéciale à Ehrlich qui, entre chaque pièce, buvait une généreuse gorgée de vin, directement au goulot.

Phénoménale Little Dragon
Véritable bête de scène, Yukimi Nagano, meneuse de la formation suédoise Little Dragon, ne manque pas de présence sur scène. Vêtue d'un costume violet et arborant un chapeau jaune fluo, impossible de la quitter des yeux dimanche dernier, alors qu'elle courait d'un bout à l'autre de la scène, flamboyante. De courts intermèdes ont tout juste permis à la foule de reprendre son souffle entre chaque chanson, sautillant avec entrain sur les airs pop-électro funky à souhait, puisés à même le répertoire de Little Dragon, dont le récent opus Season High. Toujours une valeur sûre!

About Laurianne Désormiers
She may be the baby of the team, but Laurianne has been working at the heart of the Phi Centre since the institution first opened in 2012. She describes herself as tall, ultra-curious and just a bit cheeky (but not mean). Her colleagues would agree, adding that she is also the team's young, connected and plugged-in "cool kid" (a title she more or less accepts); is afflicted with a severe case of FOMO; and equipped with a daunting critical mind. She's a fan of alternative music culture (she hosted a radio show on CISM for several years), independent film, and most of all, art–that which possesses the capacity to move and educate people while opening a window onto the world. As Content Manager, Laurianne brings her training in marketing and communications to the service of culture, through which she particularly enjoys contributing to the local and international exposure of artists.
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