Le Festival du nouveau cinéma se termine et nous laisse avec les doux souvenirs de découvertes intéressantes et de réussites attendues. Explorant les salles à la recherche d’émotions, les rétines, comme le cœur, à vif, la deuxième moitié du FNC allait se prouver glorieuse.

Cinémathèque québécoise, mardi 17h – Programme de courts métrages Focus 2

Est-ce le hasard, la chance ou est-ce le public qui est dans un état extatique? Qu’importe, la sélection des courts métrages pour la soirée est tout à fait sublime. Ressortent du lot Mon dernier été, de Claude Demers, histoire de la perte de l’innocence d’un garçon au cours d’un été; Bound, de Daniel Boos, terrible récit sous-entendant l’esclavage moderne; mais surtout Ruby pleine de marde, de Jean-Guillaume Bastien, qui a d’ailleurs remporté samedi le prix du Meilleur court métrage issu de la compétition Focus Québec/Canada. Ce dernier film a tôt fait de faire sentir le Québécois à la maison en dépeignant un réveillon de Noël typique et toutes ses absurdités. Denis visite la famille de son amoureux et doit composer avec la présence de la perfide Ruby, vouée à le faire exploser de rage. Mais lui en veut-il vraiment, ou est-ce qu’elle ne personnifie pas plutôt d'un héritage refoulé.

Société des arts et technologies, mardi 20h – FNC Explore

La nouvelle section du FNC est une belle exploration, mais nécessite une implication plus constante pour vraiment proposer une sélection d’œuvres «nouvelles». Le festival qui se targue de proposer du cinéma nouveau et hors des sentiers battus devrait aussi donner cette mission à sa nouvelle facette d’art numérique. Cependant, fraîchement sortis de l’exposition Sensory Stories, on recherche la nouveauté parmi les quelques œuvres de réalité virtuelle, interactives ou pas, dont les scénarios et fonctions se répètent. On retrouve avec plaisir Notes on Blindness, qui était d'ailleurs au Centre Phi. L’art numérique a tôt fait de perdre de sa nouveauté quand on ne propose pas de contenu transcendant les concepts de base. Une recherche plus étendue serait à préconiser si la section se répète l’an prochain.

Cinéma du Parc, mercredi 19h – Zoology

Dans une petite ville, Natasha mène une existence discrète et mélancolique. Le pathétique de son quotidien est toutefois bouleversé quand une queue fait son apparition dans le bas de son dos. S’éveillent en elle des émotions et des désirs nouveaux. Elle chamboule sa vie et entreprend une romance avec son médecin. Allégorie de la cruauté humaine et des standards de beauté, le film suit Natasha alors qu’elle se retrouve ostracisée comme auparavant, cette fois à cause de son excroissance. Joué simplement et tout en justesse, le long métrage est filmé sans artifice, laissant une excellente impression.

Cinéma Impérial, vendredi 17h15 – Lancement du Wapikoni mobile

La soirée est une réunion fébrile de réalisateurs autochtones aidés par le Wapikoni mobile dans la production de ce qui constitue souvent leur premier court métrage. On ne peut que saluer l’effort et la créativité des cinéastes amateurs qui se lancent tête première dans une aventure pouvant donner lieu à de belles surprises. Aidés par des réalisateurs québécois qui ont fait leurs preuves, les cinéastes autochtones trouvent un cadre facilitant la création et le développement de leur vision.

Cinéma Impérial, vendredi 19h15 – Le peuple interdit

Quelques œuvres du festival l’ayant charmé, il manquait encore à l’expérience du rédacteur une soirée qui allait le transporter, l’émouvoir, et le hanter par la suite. Le peuple interdit, d’Alexandre Chartrand, a une forte résonnance chez les Québécois qui sont dans la salle. Documentant la passion vigoureuse du mouvement indépendantiste au sein du peuple catalan pour avoir le simple droit de décider de son avenir, le long métrage, plein d’espoir, montre un gouvernement espagnol fermé au dialogue et oppresseur. Filmé sur deux ans, le documentaire met en lumière un peuple pacifiquement combattant et aspirant à la liberté. Les leaders indépendantistes, face aux multiples déceptions toutes occasionnées par le gouvernement espagnol, sont montrés comme ayant une dévotion, une organisation et une énergie inébranlable. Couplées à la musique parfaitement composée de Jean-Olivier Bégin, les images de la persévérance des acteurs de ce mouvement deviennent des plus émouvantes. Aussi, c’est avec une ferveur extraordinaire que le public saute de son siège pour applaudir chaudement le documentaire et son réalisateur pour toute la durée du générique du film.

Le peuple interdit sort en salle aujourd’hui au Cinéma du parc.

Cinéma Impérial, samedi 19h – Soirée de fermeture – Maliglutit

La remise des prix élève les esprits et tous semblent d’accord quand le docu-fiction de Maren Ade, Tony Erdmann, remporte la Louve d’or. C’est sous les applaudissements que les vidéos de l’acteur et de la réalisatrice acceptant leur prix sont présentées. Après la cérémonie, tout le monde sourit et la foule est prête à sauter dans le film de fermeture: Maliglutit, réalisé par Zacharias Kunuk. Le conte nordique au développement lent brosse le tableau d’une réalité difficile à assimiler. C’est donc avec difficulté que le spectateur embarque dans cette poursuite au milieu du désert glacé. Mais les images, qui sont quelquefois tournées avec une force évocatrice et une maîtrise évidente de l’objectif, donnent au film toute sa légitimité.

Le FNC se termine et nous laisse sur un sentiment de satiété que l'on sait bien éphémère, mais aussi, et surtout, nous plonge dans l’attente excitée de celui de l’an prochain, preuve que le festival a visé juste une fois de plus.

Par Sébastien Turcotte

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